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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

MANAGEMENT

10 Septembre 2016 , Rédigé par FO Services Publics 51

MANAGEMENT

 

Quand public et privé commencent

à parler la même langue

 

Les échanges de pratiques se multiplient entre professionnels des ressources humaines des secteurs public et privé. Une manière d’accompagner les innovations en attendant de lever tous les freins au développement de passerelles. 

Gestion d’équipes, recrutements, formation : les pratiques RH développées dans les secteurs public et privé se rejoignent depuis plusieurs années. Pourtant, la méconnaissance des professionnels du privé vis-à-vis de leurs homologues du public persiste, et vice-versa. Un manque de communication que s’attachent aujourd’hui à combler la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) et l’Association nationale des DRH, qui ensemble multiplient depuis plusieurs mois d’instructifs échanges entre professionnels des ressources humaines. L’objectif : favoriser les relations, les échanges de bonnes pratiques, voire les parcours professionnels entre deux mondes qui restent hermétiques malgré les déclarations d’intentions au sommet de l’État.

« Nous devons favoriser, tout en les encadrant, les allers-retours entre public et privé parce que ces échanges, s’ils sont bien pensés et organisés, peuvent être une chance pour la fonction publique », expliquait voilà quelques mois à Acteurs publics la ministre de la Fonction publique, Annick Girardin. « Les mondes du privé et du public ne sont pas étanches et ont tout à gagner d’une compréhension réciproque plus fine », martelait au printemps 2015 celle qui lui avait précédé, Marylise Lebranchu, lors du lancement du « comité des DRH public-privé ». Ou plutôt du relancement, ce comité destiné à « partager des expériences innovantes dans le domaine de la gestion des ressources humaines et du management » entre des DRH de grands groupes (Axa, EDF, Groupama, Carrefour, Renault, Siemens, etc.) et leurs homologues des ministères et des collectivités territoriales ayant été initié au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, avant de rapidement tomber dans l’oubli.

Vaincre les méfiances

« Nous suivons évidemment de très près les pratiques RH et managériales développées dans les entreprises publiques ou privées », souligne le patron de la DGAFP, Thierry Le Goff, dont la direction avait été missionnée fin 2014 par Matignon pour faire évoluer les passerelles entre les cadres des deux secteurs d’activité. À ce titre, dit-il, l’ANDRH, association créée en 1947 et rassemblant quelque 5 000 professionnels des ressources humaines d’entreprises et administrations, est l’un des partenaires privilégiés de la DGAFP. « Nous avons notamment travaillé ensemble sur les comités des DRH public-privé,détaille Thierry Le Goff. Et nous avons jugé pertinent de nous adresser à des cadres plus jeunes exerçant des fonctions moins importantes mais ayant un potentiel remarqué. »

Pour ces cadres du niveau sous-directeur d’administration, l’ANDRH et la DGAFP ont créé le club Louis Armand, qui propose très régulièrement des échanges de pratiques et du benchmarking autour de jeunes talents. « Il s’agit d’échanger sur des problématiques concrètes, détaille la secrétaire générale de l’ANDRH, Bénédicte Ravache, par exemple sur les compétences critiques ou la gestion des talents. » Une trentaine de professionnels RH sont régulièrement invités dans un « esprit club » où la parole est libre. « Nous sommes à ce stade essentiellement sur des échanges informels », indique Thierry Le Goff. « Ces réunions permettent aux cadres participants de réaliser que les problématiques RH du public et du privé sont aujourd’hui similaires, relève Bénédicte Ravache. Cela contribue à lever les interrogations et les méfiances qui perdurent parce que les deux univers, jusqu’alors, ne se parlaient pas, ou peu. »

« La manière dont les professionnels RH abordent les enjeux de performance, maîtrise de la masse salariale, recrutement, rationalisation des activités ou gestion prévisionnelle, est quasiment identique entre public et privé, abonde Johan Theuret, président de l’Association des DRH des grandes collectivités. Des passerelles peuvent être développées. » Cette association qui, après La Poste et Orange les années précédentes, donnera cette année la parole au groupe Mazars à l’occasion de son congrès annuel en octobre, consacré au « DRH du futur », vient de poser les bases de collaborations à venir avec l’ANDRH.

Les liens se nouent et les préjugés reculent. Mais à quand un DRH exerçant tour à tour dans le public et dans le privé ?« Cela paraît difficilement faisable aujourd’hui », reconnaît Johan Theuret. Le statut de la fonction publique et plus généralement la culture du secteur public ne prennent pas en considération, dit-il, une expérience de traverse quand bien même elle est très enrichissante. Sans compter les enjeux de rémunération, points de retraite et autres considérations pragmatiques. « Un cadre public partant vers le privé se met en disponibilité, détaille Johan Theuret, le déroulement de sa carrière d’origine est bloqué, il n’a pas la possibilité de retrouver un poste similaire s’il revient. » C’est la raison pour laquelle les départs sont pour l’heure sans retour. Mais en attendant de possibles évolutions statutaires, le président de l’Association des DRH des grandes collectivités voit dans l’échange de pratiques une manière de puiser de l’innovation sur les méthodes et l’organisation d’une fonction RH en pleine transformation dans la fonction publique.

 

Acteurs publics : Article publié le vendredi 2 SEPTembre 2016 PAR SYLVAIN HENRY

 

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