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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

PETITE ENFANCE

4 Août 2017 , Rédigé par FO Services Publics 51

PETITE ENFANCE

 

Un CAP Petite enfance pour les parents  Marlène Schiappa tente de calmer les esprits

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, a présenté ses priorités en Conseil des ministres le 19 juillet. Dans la liste de ses propositions concrètes: la reconnaissance des compétences acquises par les mères et pères au foyer sans emploi qui permettrait de déboucher sur un CAP Petite enfance. Une annonce qui fait polémique et qui fâche les travailleurs sociaux.

Auditionnée dès le lendemain par la délégation aux droits des femmes du Sénat puis de l’Assemblée nationale, elle a annoncé travailler avec le ministre de l’Education nationale à la création de ce dispositif des validations d’acquis d’expérience (VAE) visant à transformer les « compétences des jeunes mères » en certificat d’aptitude professionnelle (CAP) Petite enfance ou en brevet d’Etat d’éducateur de jeunes enfants (sic) grâce à une formation diplômante.

Une « forme innovante » d’insertion des jeunes mères à l’issue de leur congé parental, a déclaré l’ancienne blogueuse militante : « dans les banlieues ou les zones rurales, elles ont souvent eu des enfants jeunes, et à 25, 30 ou 35 ans elles se retrouvent sans qualifications et sans expérience professionnelle, avec un CV qui est une page blanche. »

« Une erreur d’analyse »

Les associations féministes ont été les premières à monter au créneau contre une mesure qui entretient les stéréotypes. Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole de Osez le féminisme a dénoncé un « contre-feu et une stratégie médiatique pour dissimuler les débats concernant les moyens alloués aux droits des femmes ». Elle a pointé du doigt une « erreur d’analyse » : c’est sur la difficulté des jeunes mères à concilier vie familiale et professionnelle « qu’il faut se concentrer « .

La colère des  professionnels

Les professionnelles de la petite enfance leur ont emboîté le pas en soulignant toutes la même évidence : il ne suffit pas d’avoir eu des enfants pour accompagner ceux des autres ! Dans un communiqué du 20 juillet, la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants corrige d’abord la copie de la ministre : le CAP Petite Enfance est devenu CAP accompagnant éducatif petite enfance et le Brevet d’Etat d’éducatrice de jeunes enfants… « n’existe pas ». Il s’agit en réalité d’un diplôme d’Etat, qui vient d’ailleurs d’être reconnu au niveau II.

À LIRE AUSSI

La coprésidente de la fédération, Julie Marty-Pichon pose une question qu’on pourrait d’ailleurs décliner à l’infini : « est-ce parce qu’on aide nos enfants à faire leurs devoirs pendant leur scolarité qu’on est apte à devenir professeur des écoles ? ». Elle explique son « indignation » concernant des déclarations qui démontrent, selon elle, « l’ignorance des enjeux de l’accompagnement des jeunes enfants et de leurs familles dans notre société ».

Vers une dévalorisation des métiers de la petite enfance ?

Par ailleurs, à l’initiative d’Aurélie Beaudemoulin qui se présente comme « une mère qui se forme au CAP petite enfance » la pétition en ligne « Marlène Schiappa, non à la dévalorisation de la Petite enfance ! » vient de dépasser les 10 000 signatures aujourd’hui…

 

A la recherche d’efficacité pour Marlène Schiappa

Rétropédalage ? « Je n’ai jamais proposé de distribuer des CAP petite enfance aux mères », a contesté Marlène Schiappa le 24 juillet au micro d’Europe 1. J’ai simplement dit que nous lancions une réflexion qui visait des parcours diplômant pour ces mères et ces mères qui n’ont pas de diplôme. Il s’agit d’un dispositif déjà existant, la VAE détaille Marlène Schiappa.

« Il y a près de 6.000 jeunes mères mineures en France, qui n’ont pas de diplôme, qui sont sorties du parcours scolaire et se retrouvent à 20 ans sur le marché du travail sans diplôme, sans expérience et sans qualification professionnelle et qui, si nous ne faisons rien, vont errer d’une mission à l’autre dans la plus grande précarité. Je pense qu’il n’est pas acceptable de ne rien faire pour ces mères. Je ne cherche pas la symbolique mais l’efficacité », fait-elle valoir.

Vers une nouvelle polémique ?

À propos de la colère des professionnels, la secrétaire d’Etat veut, encore une fois, relativiser sur la mesure annoncée. Mais une polémique chasse déjà l’autre… Au cours de la même audition du 20 juillet, Marlène Schiappa, a dit vouloir lutter contre « les violence obstétricales » en évoquant un taux de 75% d’épisiotomie. « Informations fausses » a dénoncé le Collège national des gynécologues et obstétriciens dans une lettre ouverte à la ministre. « Les chiffres remontent à plus de 40 ans, le dernier chiffre avéré est de 27% », souligne son président Isaraël Nisand qui parle « d’improvisation ». « Propos mal documentés » dit à son tour officiellement l’Ordre des médecins…

FOCUS

Le nouveau CAP Petite enfance

Le CAP Accompagnant éducatif petite enfance entre en vigueur cette année. Il reste un diplôme de niveau V qui se prépare par voie scolaire, par l’apprentissage, par la formation à distance.
La formation se déroule sur deux ans alternant cours théoriques et stages pratiques (16 semaines).
Organisé autour d’un tronc commun avec trois modules spécifiques selon le type de lieu d’accueil, il permet d’exercer :
-en établissement d’accueil du jeune enfant (EAJE) : multi-accueil, crèche collective, halte-garderie…
-en école maternelle
-au domicile privé de l’assistante maternelle, des parents ou en maison d’assistantes maternelles….
Les assistantes maternelles qui souhaitent exercer à domicile ce métier ne sont pas obligées de passer toutes les épreuves.

 

La gazette des communes : Article publié le mardi 25 juillet 2017 & Catherine Maisonneuve 

 

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