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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

FONCTION PUBLIQUE

16 Juin 2018 , Rédigé par FO Services Publics 51

 

Les Français et les fonctionnaires, je t’aime moi non plus ?

 

Les Français seraient-ils schizophrènes ? Deux sondages à quelques semaines d'écart révèlent le rapport paradoxal des citoyens à leurs agents. Si la population plébiscite la fonction publique, elle juge la dépense publique trop élevée. Un hiatus plus logique qu'il n'y paraît jugent pourtant certains experts.

Cherchez l’erreur… Alors qu’un sondage de l’IFOP publié il y a quelques semaines révélait qu’un tiers des Français estimait qu’il fallait baisser la dépense publique, une nouvelle étude du même institut, commandée notamment par le journal d’orientation libérale L’Opinion, dévoile l’attachement des citoyens à la fonction publique.

A la question « considérez que chacune des activités suivantes devrait à l’avenir être assurée par le secteur public ou le secteur privé ? », 73% des répondants estiment que la fonction publique en général et notamment territoriale doit continuer de prendre en charge les bibliothèques, les piscines, les stades municipaux…

Même constat pour le ramassage des ordures ménagères (62%) ou les transports en commun à 68%. Les Français seraient-ils schizophrènes, souhaitant à la fois des services publics de qualité et des fonctionnaires de moins en moins nombreux ?

La fonction publique, une tradition bien française

« La contradiction n’est qu’apparente » juge Jean-Philippe Dubrulle du département Opinion de l’IFOP. « La France reste un pays qui a une tradition forte du service public. Les Français restent fortement très à la notion d’égalité et le service public qui est censé être présent partout sur le territoire y fait directement écho. »

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Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS estime, lui, que la remise en cause de la dépense publique ne concerne pas le regard des citoyens sur les agents.

Plus que les fonctionnaires, c’est la dépense publique qui pose question

« L’ensemble des dépenses liées aux fonctionnaires de l’Etat, territoriaux et hospitaliers et notamment à leurs revenus ne représentent que 23% de la dépense publique. 58% de celle-ci renvoit aux dépenses de transfert qui concernent principalement les aides sociales comme le RSA, l’allocation adulte handicapé… » Comprendre : moins que les fonctionnaires, ce sont les minima sociaux qui seraient dans le viseur des Français.

Plus largement, il faudrait inscrire ce grand écart dans un contexte social. « Les problèmes constatés à l’échelle individuelle sont de plus en plus rarement associés, de manière spontanée, à des causes globales, méritant des réponses collectives. Il n’est donc pas si troublant que cela de constater les contradictions persistantes et toute l’ambivalence qui traversent les Français sur la thématique des services publics » jugent ainsi Chloé Morin, ancienne conseillère en charge de l’opinion publique à Matignon sous Manuel Valls et Marie Gariazzo, directrice adjointe au département Opinion de l’IFOP dans une tribune sur l’Huffington Post.

Le grand écart entre villes et campagnes

Autre enseignement de cette étude, le profil des répondants -âge, sexe, lieu de vie, niveau d’études- modifie la donne. Ce sont dans les communes rurales que l’on trouve le plus de citoyens qui défendent le service public. 72% des personnes interrogées qui vivent en commune rurale se disent ainsi très attachées à la gestion publique des transports en commun contre 36% pour les habitants de l’agglomération parisienne.

Un hiatus qui s’explique, estime Jean-Philippe Dubrulle, « par la question de survie que représentent les services publics dans les territoires ruraux ».

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« Dans les campagnes, il y a une sensibilité beaucoup plus forte à la fonction publique que dans les grandes villes qui s’explique par deux phénomènes : d’abord la présence de plus en plus faible des services publics et une population moins aisée(…) La privatisation renvoie à un processus qui va amener une augmentation des prix des services rendus, ce qui inquiète les plus modestes » continue ce dernier.

L’amour plus fort que tout

« Dans les grandes villes, les services publics sont partout, ce qui rend paradoxalement leur visibilité moins forte. Et puis l’électorat qui a voté La République en Marche estime que le modèle de la fonction publique est imparfait et qu’il faut le transformer » complète le sondeur. Un élément à garder en tête alors que le rapport d’Action publique 2022 prônerait un plan d’économies de la dépense publique de 30 milliards d’euros ont révélé nos confrères des Echos.

Mais tout n’est pas noir sous le ciel de la fonction publique. Un sondage réalisé par la société Odoxa à l’automne dernier indique que 64% des Français ont une bonne opinion du secteur public. Manifestement, le message a du mal à passer. 65% des agents publics se sentent en effet mal aimés. « Les fonctionnaires se sentent très peu considérés par les usagers mais ce n’est pas du tout la réalité. Les Français sont fiers de leurs services publics » insiste Luc Rouban.

La Gazette des communes : Article publié le jeudi 07 juin 2018 &  Marie-Pierre Bourgeois 

 

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