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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

POUVOIR ACHAT FONCTION PUBLIQUE

5 Octobre 2018 , Rédigé par FO Services Publics 51

FONCTION PUBLIQUE

Pouvoir d’achat des fonctionnaires

La bataille des chiffres

 

Le deuxième rendez-vous salarial de l'année se tiendra le 17 octobre. Le pouvoir d'achat des fonctionnaires sera au cœur des débats. Comment a-t-il évolué cette année ? La réponse n'est pas simple, tant d’indicateurs sont à prendre en considération.

 

 

CHIFFRES-CLÉS

Pour suivre l'évolution de l'inflation depuis le 1er janvier 2010 (année de gel du point d’indice) le point d'indice de la fonction publique devrait, selon la CGT services publics, s'élever aujourd'hui à 5,004,  alors qu’il est aujourd’hui à 4,6860.

En juillet dernier, l’inflation est nettement repartie à la hausse. Selon l’Insee, les prix ont augmenté de 2,3 % (1). Les salaires n’ont pas suivi.

La CGT services publics s’est emparée de sa calculette pour se faire une idée précise des « pertes » subies depuis dix ans, compte tenu de cette évolution et du gel du point d’indice, revalorisé (en deux temps) de 1,2% avant d’être regelé cette année.

Résultat : en juillet 2018, la perte du pouvoir d’achat sur le salaire indiciaire était de :

  • 148 euros chaque mois depuis 2010 pour un adjoint administratif principal de première classe (catégorie C). Qui, au titre de l’augmentation de la cotisation retraite début 2011 a perdu 53 euros en plus ;
  • 185 euros mensuels depuis huit ans pour un secrétaire administratif de « classe exceptionnelle » (catégorie B) (et 67 euros en moins dans le portefeuille avec la contribution retraite) ;
  • 306 euros tous les mois pour un attaché « hors classe » (et 110 euros au titre de la cotisation retraite).
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Divergences

Traditionnellement, le gouvernement ne dresse par le même constat que les syndicats. Pourquoi ? Parce qu’eux raisonnent en « salaire moyen par tête » (SMPT), quand lui « raisonne en rémunération nette moyenne des personnes en place [RMPP], c’est-à-dire présentes dans l’administration deux années de suite. De fait, c’est le calcul par construction le plus favorable », souligne François Ecalle, économiste spécialiste des finances publiques et animateur du site Fipeco.

Explications : « La RMPP permet de suivre l’évolution de la fiche de paie des agents de la fonction publique d’une année sur l’autre. Elle augmente mécaniquement à cause des évolutions de carrière qui en découlent. »

La RMPP ne tient pas compte du fait que «les jeunes générations entrantes sont moins bien rémunérées en début de carrière que les générations sortantes partant à la retraite», soulève François Ecalle. Ce qui dans le calcul des organisations syndicales pesait tout de même pour -0,5 point en 2015 sur le SMPT.

Ainsi, le dernier rapport sur l’état de la fonction publique relevait une progression de la RMPP dans le versant territorial, mais plus lente par rapport à l’année précédente (+1,7  %,après +2,1 %). La direction générale de l’administration de la fonction publique (DGAFP) consent dans ce document que l’« évolution moyenne cache toutefois une certaine dispersion, avec entre 24 et 34 % d’agents ‘en place’ selon les versants ayant connu une baisse de pouvoir d’achat. Celle-ci est essentiellement liée à la hausse des cotisations retraite et à l’évolution d’éléments variables de rémunération ».

La Gipa : le « voyant rouge »

Le gouvernement fait aussi valoir la «garantie individuelle de pouvoir d’achat» (Gipa), qui doit garantir le maintien de ce dernier quand l’évolution du point d’indice est inférieure à l’inflation.

Les éléments statistiques les plus récents concernant la Gipa dans la fonction publique territoriale sont issus d’une enquête complémentaire aux bilans sociaux, menée en 2013. Ils concernent les montants versés en 2012 au titre de la période décembre 2007‑décembre 2011. Constat : elle a bénéficié à 159 000 agents, pour un montant moyen annuel de 477 euros.

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« Ne soyons pas dupes : la Gipa n’est qu’une compensation partielle de la perte du pouvoir d’achat, mais il est important qu’elle soit pérénnisée », estime Mylène Jacquot (CFDT). Ce dispositif est un bon indicateur, souligne-t-elle : si les sommes versées et le nombre de bénéficiaires augmentent, c’est mauvais signe. « Ce sera une bonne nouvelle lorsqu’il n’y en aura plus besoin. »

Moral en berne

Pour améliorer le pouvoir d’achat des fonctionnaires, le gouvernement ne propose pour l’heure que des mesures très ponctuelles : un coup de pouce sur le compte épargne temps, les frais de missions et l’indemnité kilométrique, en attendant une remise à plat du système de rémunérations, plus axées sur le mérite.

Les revalorisations des grilles prévues par l’accord « Parcours professionnels, carrières et rémunérations » (PPCR), qui ont été reportées d’un an, s’élèveront à 840 millions d’euros en 2019, fait-il aussi valoir.

 

Reste qu’après les mesures de rigueur annoncées récemment et le grand plongeon dans l’inconnu du prélèvement à la source – avec le choc psychologique des premières fiches de paye net d’impôts – l’impression générale d’un pouvoir d’achat en berne pourrait s’accentuer.

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  • La Gazette des communes : Article publié le jeudi  20 Septembre 2018 & Claire Boulland 

 

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