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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

GRAND DÉBAT NATIONAL

30 Janvier 2019 , Rédigé par FO Services Publics 51

Le cri d’alarme de fonctionnaires

en détresse

 

Ouvert mardi 22 janvier, l’onglet « Contributions » du site granddebat.fr a déjà recueilli plusieurs milliers de posts. Parmi ceux-ci, des bouteilles à la mer lancées par des fonctionnaires en détresse. Petit tour de ces premiers cris d’alarme numériques.

« S.O.S d’un fonctionnaire en détresse », « plus de reconnaissance au personnel soignant dans la fonction publique hospitalière », « valoriser le travail des fonctionnaires »… Parmi la myriade de contributions qui fleurissent depuis moins de 24h sur le site du grand débat, des agents ont déjà manifesté leur mal-être. Des cris d’alarme visibles dans la rubrique « l’organisation de l’Etat et des services publics », l’un des quatre grands thèmes retenus par le gouvernement pour structurer le débat et qui polarise déjà les réactions.

Il ressort des contributions parcourues différents points de crispation. Non exhaustifs à ce stade, ils traduisent néanmoins de réelles préoccupations des agents :

  • Le manque de passerelles entre les différentes fonctions publiques : « c’est mission impossible de muter entre les différentes fonctions publiques, pourtant cela permettrait de donner plus de dynamisme à notre fonction publique et aux agents volontaires. », peut-on lire dans une contribution déposée en ligne. Le gouvernement travaille en ce moment à un projet de loi favorisant les mobilités. Les dispositifs envisageables, et en partie déjà expérimentés, ne manquent pas : bourse à la mobilité, accent sur la formation, plateforme spécialement dédiée aux différentes offres …
  • Les déserts administratifs, sociaux, culturels, médicaux en ruralité : il s’agit de « cesser de désertifier les campagnes », plaide un participant. Selon certains experts, la crise des gilets jaunes aurait, elle aussi, trouvé sa source dans un sentiment d’éloignement aux services publics dans des territoires ruraux qui auraient été « abandonnés ».
  • Si on analyse la répartition des emplois publics, elle ne semble en effet pas vraiment « correspondre aux besoins » auquel cas « le principe d’égalité devant le service public n’est pas respecté », comme l’explique François Ecalle, économiste spécialiste des finances locales que nous avons interrogé sur ce sujet.
  • La disparité dans l’accès au droit à la formation et notamment une « différence de traitement » d’une collectivité à une autre. La loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel a réformé le Compte personnel de formation (CPF) pour en simplifier l’utilisation, mais seulement pour les salariés et les demandeurs d’emploi du secteur privé. Les agents publics ne sont pas concernés par le CPF nouvelle version et personne n’est en mesure de dire aujourd’hui s’ils ont vocation à l’être et dans quel délai.
  • Le manque de personnel hospitalier : une internaute réclame également « plus de reconnaissance pour le travail effectué par rapport au nombre d’heures effectuées ». D’après le dernier rapport annuel sur l’état de la Fonction publique s’appuyant sur l’enquête Emploi, les agents de la fonction publique hospitalière sont plus souvent exposés aux contraintes de rythme de travail que ceux des autres versants et que les salariés du secteur privé : 42,5 % déclarent subir en 2016 au moins trois contraintes de rythme contre 37,4% des salariés du privé, 25,4% des agents de la FPT et 20,7% des agents de la FPE. Ils sont également plus souvent soumis à des pénibilités physiques que les autres versants (station debout prolongée, exposition à des charges lourdes, à des produits dangereux, etc).
  • La revalorisation des salaires : un internaute appelle de ses voeux une « augmentation du salaire des fonctionnaires (augmentation du point d’indice), les fonctionnaires étant les grands perdants de toutes les mesures qui ont été mises en place ces derniers mois par le gouvernement pour augmenter le pouvoir d’achat. ». Si les agents publics ont bénéficié, comme le privé, de la prime d’activité annoncée par le gouvernement en fin d’année 2018, le point d’indice, lui, a été gelé pour 2019.
  • Enfin, les rémunérations C1, C2 et C3 ont été revalorisées au 1er janvier 2019 et désormais, le traitement le plus bas de la fonction publique territoriale est de 1527,64 euros bruts, alors que le Smic mécaniquement augmenté de 1,5% au 1er janvier 2019 s’élève à… 1 521,22 euros bruts.

La Gazette des Communes : Article publié le mercredi 23 Janvier 2019 & Laura Fernandez Rodriguez 

 

 

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