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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

ÉDUCATION ET FORMATION

3 Septembre 2020 , Rédigé par FO Services Publics 51

Orientation : une organisation illisible, des régions trop peu visibles

 

Un rapport parlementaire pointe les lacunes du système français d'orientation scolaire et professionnelle. Les régions, qui se sont vu confier la coresponsabilité de ce secteur en 2018, peinent encore à trouver leur place.

 

L'orientation est le maillon faible de l'accès à l'enseignement supérieur. Et le miroir des inégalités sociales et territoriales. Tels sont les principaux constats du rapport  sur l’évaluation de l’accès à l’enseignement supérieur présenté le 23 juillet 2020 à L'Assemblée nationale par les députés Régis Juanico et Nathalie Sarles.

Parmi les principaux griefs des rapporteurs : l'"organisation rénovée mais illisible" de l'orientation. On parle de quelque 8.000 structures dédiées à l’orientation scolaire et professionnelle. Se côtoient des réseaux rattachés à l’enseignement scolaire (Onisep et centres d’information et d’orientation - CIO), à l’enseignement supérieur, au ministère chargé de la jeunesse et un réseau d’associations régionales : les centres régionaux d’information jeunesse (CRIJ) et leurs centres et bureaux locaux.

Seulement trois conventions région-rectorat

La loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel a ajouté les régions à la danse. Les voilà chargées d’organiser des actions d’information sur les métiers et les formations au niveau régional et au-delà. Un cadre national de référence a été signé en mai 2019 entre l’État et les régions. Et chaque région devait avoir signé, à la rentrée 2019, une convention avec les rectorats pour définir les modalités de leurs interventions respectives. Au moment des auditions de la mission, seules trois conventions avaient été signées (Centre-Val de Loire, Normandie, Nouvelle-Aquitaine).

Si les rapporteurs déplorent une organisation "illisible", c'est qu'à côté des régions, l'orientation relève aussi des missions des chefs d’établissement. Et que ces derniers n'assument pas toujours ce "rôle clef". Ce qui peut découler d'un manque de savoir-faire : "Plus de 40% des principaux et proviseurs indiquaient n’avoir jamais été formés à l’orientation." Et se traduit financièrement : seuls "43% des principaux de collège et 43,8% des proviseurs de lycée déclaraient que leur établissement allouait des moyens financiers spécifiques à l’orientation". Voilà pour la faiblesse de l'organisation.

L'autocensure des jeunes ruraux

Quant aux inégalités territoriales, elles tiennent en un chiffre : 22% des jeunes ruraux ont renoncé à leur souhait d’orientation en raison de l’éloignement des établissements. Or, comme le notent les rapporteurs : "Les établissements d’enseignement supérieur sont nombreux mais inégalement répartis sur le territoire." Cela se traduit en deux temps. Les élèves de Paris et des villes de plus de 100.000 habitants sont deux fois plus nombreux à postuler en classes préparatoires que les élèves de communes de moins de 2.000 habitants.  Tandis que l’orientation massive des élèves des lycées ruraux vers la filière courte technique s’explique par le nombre important de places offertes à proximité. Et cela malgré un paradoxe : les collégiens des zones rurales réussissent "sensiblement mieux que la moyenne nationale". Pour mieux cerner l'offre de formation post-bac, Villes de France vient de lancer, fin juillet "l’observatoire de l’enseignement supérieur dans les villes moyennes", en accès libre et gratuit (lire notre article du 23 juillet 2020). 

Pour enfin "transformer l’orientation subie en orientation choisie", les rapporteurs font quatorze propositions. Plusieurs portent sur l'information et la communication autour de l'orientation. Elles sont synthétisées par la proposition numéro un : "Inscrire comme obligatoires dans l’emploi du temps des élèves de lycées les 54 heures annuelles consacrées spécifiquement à l’orientation." En termes institutionnels, les rapporteurs ne remettent pas en cause la place des régions. Ils insistent en revanche sur le rôle des recteurs d’académie qu'ils veulent voir chargés d’évaluer la mise en oeuvre de l’accompagnement à l’orientation dans les établissements.  

LOCALTIS : Article publié le MARDI 28 juillet 2020 & Jean Damien Lesay

 

 

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