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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

E.ON FRANCE : HAUTE TENSION DANS LES CENTRALES À CHARBON

17 Octobre 2012 , Rédigé par fo-villedereims Publié dans #JOUR APRES JOUR

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JOUR APRÈS JOUR DU MERCREDI 17 OCTOBRE 2012

E.ON FRANCE : HAUTE TENSION DANS LES CENTRALES À CHARBON

La mobilisation des salariés va crescendo contre la fermeture de cinq unités de production et la suppression de 535 emplois.

Ambiance délétère ce 11 octobre à Paris au Comité central d’entreprise d’E.ON France, consacré au plan social lié à la fermeture de cinq tranches au charbon des quatre centrales héritées de la SNET. «Nous avons eu droit –en plus des forces de l’ordre– à l’accueil d’un comité de bras musclés», témoigne Jean-Pierre Damm, secrétaire fédéral FO Énergie et Mines. «Fenêtres fermées, rideaux tirés, la salle de réunion était surchauffée et il nous était interdit d’ouvrir la fenêtre. À l’entrée de la salle, un huissier était présent pour prendre note de débordements éventuels. Nous avions en face de nous une direction arrogante, nous prévenant qu’il valait mieux négocier un plan de départs volontaires sinon ce seraient des licenciements. Ce n’est pas notre conception de la négociation.» Relayés dans la rue par 200 manifestants venus des centrales, toutes en grève, de Saint-Avold (Moselle), d’Hornaing (Nord), de Lucy (Saône-et-Loire) et de Gardanne (Bouches-du-Rhône), les syndicats ont exigé le retrait du plan social qui concerne 535 salariés* –sur un effectif de 885– et la poursuite de l’exploitation des centrales. Compte tenu du contexte tendu avec la direction, ils ont demandé la nomination d’un médiateur et devraient prochainement être reçus au ministère du Redressement productif. Ce dernier, qui jusque-là refusait d’accéder à la demande des syndicats de lancer une expertise sur la viabilité de l’offre de reprise de Sparkling Capital, y consent désormais. Cette PME française assure être en capacité de préserver l’intégralité des emplois menacés. Pour FO, toutes les pistes doivent être explorées, toutes les solutions envisagées, du moment que l’outil industriel et les emplois sont préservés. C’est là tout l’objet de la mobilisation des salariés qui, le 12 octobre, poursuivaient leur mouvement de grève, avec une production zéro dans l’ensemble des centrales à charbon d’E.ON.

LE SPECTRE D’UNE PÉNURIE D’ÉLECTRICITÉ

E.ON, groupe énergétique allemand, explique que les centrales à charbon ne seront plus rentables en raison de la fin des quotas gratuits de CO2 en 2013. Ce n’est pas qu’elles ne seront plus rentables «mais moins rentables», nuance FO en rappelant qu’«E.ON, en revendant ses quotas gratuits, a empoché 350 millions d’euros» qui, théoriquement, auraient dû être investis dans la rénovation des centrales thermiques. De plus, la fermeture des centrales à charbon réduirait les capacités de production d’électricité en France d’un tiers (de 3.200 MW, à 2.200 MW), ce qui serait tout bénéfice pour E.ON qui pourrait vendre à la France l’électricité produite dans ses centrales allemandes, à des tarifs beaucoup plus chers! Entre les incertitudes qui planent sur le nucléaire depuis la catastrophe de Fukushima, les coûts élevés du gaz en raison de son transport et de son indexation sur le pétrole, la production aléatoire des énergies renouvelables, fermer les centrales à charbon n’est pas sans risque en termes d’approvisionnement et d’indépendance énergétique de l’Hexagone. Un risque encore accru avec la décision du gouvernement de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim, qui produit 3% de l’électricité nationale et 70% de l’électricité alsacienne.

*215 suppressions d’emplois sont prévues en 2013 et 320 en 2014-2015.

Article paru dans FO Hebdo n°3047

 

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