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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

ENQUÊTE « EMPLOI ET SALAIRES » : L’INSEE SOULIGNE LE DÉCLASSEMENT DES FONCTIONNAIRES DE L’ÉTAT

25 Avril 2013 , Rédigé par fo-villedereims Publié dans #FONCTION PUBLIQUE

fonction publique 4

ENQUÊTE « EMPLOI ET SALAIRES » : L’INSEE SOULIGNE LE DÉCLASSEMENT DES FONCTIONNAIRES DE L’ÉTAT

Le panorama annuel « Emploi et salaires » de l’Insee approfondit cette année trois thèmes. Outre l’évolution des disparités salariales en France depuis 1967 et la recherche d’emploi après 55 ans, il fait le point sur les trajectoires professionnelles des agents de la fonction publique de l’Etat et va à l’encontre d’idées reçues.

Dévoilée le 5 mars 2013, l’enquête 2013 de l’Insee sur l’emploi et les salaires s’intéresse aux agents des ministères civils de l’Etat. Elle apporte un éclairage inédit sur leurs trajectoires professionnelles. « Cette carrière n’est pas aussi linéaire qu’on pourrait le croire », remarquent les auteurs de cette étude détaillée. Ils notent ainsi la présence dans la fonction publique de l’Etat (FPE) de l6 % de non titulaires aux carrières parfois « heurtées ».

Un agent de l’Etat sur 3 a travaillé dans le privé

Si 2/3 (60,6 %) des agents en poste dans un ministère en 2010 ont intégré la FPE à la fin de leurs études ou en les poursuivant, les autres, soit 1/3 (32 %) ont l’expérience du secteur privé. Certains (2,4 %) ont d’ailleurs connu le chômage durant au moins six mois.

27 ans : âge d’entrée dans la FPE

L’entrée dans la FPE se fait de moins en moins à la fin des études.

L’âge moyen d’accès était de 21 ans avant 1980. Il progresse à 27 ans après 2000. Mais pour ceux qui ont travaillé plus de cinq ans dans le secteur privé, soit la moitié de ces agents, l’âge d’entrée s’élève en moyenne à 37 ans.

Un phénomène de déclassement - 80 % de ceux qui ont rejoint directement le service public ont fait des études supérieures. Et le niveau de diplôme à l’entrée augmente régulièrement en lien avec l’élévation générale du niveau de diplômes des dernières générations. Le niveau de qualification est ainsi de plus en plus élevé par rapport à celui requis pour un premier poste. « Le phénomène de déclassement à l’entrée dans la FPE est donc important et s’est accentué au fil du temps », mentionnent Roselyne Kerjosse et Nathan Rémila, les auteurs de l’enquête de l’Insee. Si 39 % des bacheliers entrés avant 1980 occupaient un premier poste de catégorie B, ils ne sont plus que 16 % aujourd’hui. Ce sont des diplômés de l’enseignement supérieur long qui occupent majoritairement ces postes, alors que le bac dans 80 % des cas et le niveau bac

+ 2 dans 65 % des cas ne donne plus accès qu’à un poste de catégorie C. « Si près des deux tiers des agents diplômés de l’enseignement supérieur long occupent un premier poste de catégorie A, le tiers restant est déclassé, 16 % occupant un poste de B et 18 % un poste de C », lit-on dans « Emploi et salaires ».

Des stratégies et des clés pour évoluer

Malgré des débuts difficiles, ces agents progressent ensuite : 65 % des surdiplômés de niveau 1 et 38 % des surdiplômés de niveau 2 atteignent des années plus tard, la catégorie statutaire correspondant à leur diplôme. Les femmes, fortement représentées parmi les surdiplômés déclassés, ont d’ailleurs plus de probabilité d’être titularisées après avoir réussi un concours. «

Il existe peut-être là, pour les plus diplômés ainsi que pour les femmes, une stratégie consistant à entrer dans la fonction publique sur un poste pour lequel ils peuvent être surqualifiés dans le but de passer ensuite des concours internes leur permettant à terme d’obtenir une promotion », commentent les statisticiens.

Le fait d’avoir deux parents fonctionnaires augmente de 35 % les chances de titularisation, du fait sans doute d’une meilleure connaissance des possibilités de faire carrière dans la fonction publique. 31 % des agents présents en 2010 sont en outre entrés sans concours dans la fonction publique.

2,1 % de rémunération en plus pour les titulaires

Côté salaires, si les titularisations ont un impact positif (+ 2,1 % de rémunération), le retard par rapport à ceux qui sont entrés directement dans la fonction publique comme titulaires ne se rattrape jamais (- 3,6 %). Les agents qui ont bénéficié d’une ou plusieurs promotions bénéficient en moyenne d’une rémunération supérieure de 7,4 % à celle des agents qui n’en ont pas eu. Les interruptions de carrière, pour élever ses enfants (54 % de ces arrêts pour les femmes) ou pour travailler dans le privé (22 de ces cas pour les hommes), se traduisent par une baisse de salaires allant jusqu’à 10 % si l’arrêt est supérieur à trois ans.

Plus de 60 % des agents ont fait une mobilité

Alors que 63 % des agents de la FPE déclarent avoir fait une mobilité fonctionnelle (changement de métier, de filière ou de ministère) ou géographique au cours de leur carrière, ces derniers perçoivent globalement 6,1 % de plus que les agents n’ayant pas effectué de mobilité géographique. La mobilité pour suivre son conjoint fait, elle, perdre en moyenne 1,8 % de rémunérations tandis que la mobilité fonctionnelle (métier ou filière) fait gagner 1,8 %, mais seulement 1,2 % quand il s’agit de changer de ministère.

Des écarts de rémunération inférieurs au privé

Enfin, si la moitié des agents de l’Etat ont perçu un salaire mensuel net en équivalent temps plein inférieur à 2 233 euros, 10 % ont gagné moins de 1 622 euros et 10 % plus de 3 375 euros, soit 2,1 fois plus. Un écart moindre que dans le secteur privé.

Par D.G et L.L.G

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