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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

QUATRE QUESTIONS SUR LES ATTENTES DES FRANÇAIS POUR L’AVENIR DES RETRAITES

26 Mars 2013 , Rédigé par fo-villedereims Publié dans #RETRAITE

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QUATRE QUESTIONS SUR LES ATTENTES DES FRANÇAIS

POUR L’AVENIR DES RETRAITES

Comment les Français appréhendent-ils le système de retraite et ses éventuelles évolutions ? C’est la question à laquelle répond une récente enquête réalisée par quatre chercheurs, qui fait tomber quelques idées reçues.

« Attentes et perceptions des Français à l’égard de la retraite », l’étude réalisée par les chercheurs Luc Arrondel (CNRS et Paris School of economics-PSE), André Masson (CNRS et PSE) et Laurent Soulat (Caisse des Dépôts) répond à quatre questions :

Que connaissent les Français de leur système de retraite, comment voient-ils son évolution, à quoi sont-ils attachés, quelles mesures préfèrent-ils en cas de nouvelle réforme ?

Sous l’intitulé « Les Français et leur retraite : connaissance, inquiétude et attachement », elles font l’objet du second numéro de « Questions Retraite et Solidarité – Les études » publié en janvier 2013 par la Caisse des dépôts.

1 – L’information sur la retraite

60 % de nos concitoyens connaissent bien le système de retraite par répartition en vigueur en France et 82 % d’entre eux maîtrisent la réforme de 2010. « Les notions de répartition, de capitalisation ainsi que la logique du système actuel semblent bien assimilées », mentionnent les auteurs de l’étude à partir de l’enquête réalisée par TNS-Sofres par voie postale auprès de 2 776 personnes en septembre-octobre 2012.

Ils confondent toutefois les notions d’âge légal de départ et de durée d’assurance nécessaire pour bénéficier du taux plein. La connaissance de ses propres droits est plus limitée chez les jeunes. Seuls 15 % de la génération Y – les moins de 35 ans – et 27 % de la génération X – les 35-49 ans – sont bien informés.

Mais l’information s’améliore à l’approche de la retraite : 50 % des 50 ans et plus connaît ses droits à la retraite, grâce notamment au relevé de situation individuelle (RSI) envoyé désormais tous les cinq ans à partir de 35 ans. 65 % des enquêtés déclarent l’avoir reçu.

« Plus de 60 % des Français disent avoir besoin de se faire aider pour mieux comprendre leurs droits ou les modalités de calcul de leur pension » ont cependant noté les chercheurs qui constatent que la connaissance d’un domaine renforce celle des autres domaines liés à la retraite.

Les femmes s’avèrent toutefois moins bien informées sur le système de retraite, sur la réforme de 2010 et sur leurs droits personnels que les hommes.

Mais l’enquête ne montre pas de différences significatives entre fonctionnaires, salariés, indépendants et inactifs, hormis sur les droits personnels : les fonctionnaires identifient mieux leurs droits et les inactifs les connaissent moins bien que les salariés et indépendants.

2 – L’avenir du système

Trois Français sur quatre (74 %) se déclarent « globalement inquiets ou très inquiets » sur la pérennité du système de retraite par répartition. Ceux qui connaissent la réforme de 2010 le sont davantage. Les femmes se déclarent plus inquiètes que les hommes, ainsi que les personnes qui ont vécu des interruptions de carrière pour maladie.

Un Français sur deux (52 %) se révèle en outre préoccupé par le montant de sa future pension. L’inquiétude diminue cependant avec l’âge. Elle est moindre chez les personnes déjà à la retraite. La connaissance de ses droits personnels réduit cette inquiétude.

3 – La répartition préférée à la capitalisation

60 % des personnes sondées et – contrairement aux idées reçues sur les nouvelles générations – 57 % des plus jeunes manifestent leur attachement au système français de retraite par répartition, fondé sur la solidarité entre générations. Seuls 30 % se montrent plutôt défavorables au fait que les actifs financent en temps réel les pensions des retraités, alors que10 % préfèrent rester neutres sur le sujet.

Si toutefois des évolutions devenaient nécessaires, 45 % des répondants disent préférer le maintien du système actuel avec des ajustements « paramétriques » plutôt qu’un système mixte associant la répartition  (le système actuel) et la capitalisation (l’épargne individuelle ou collective) qui n’a la faveur que de 29 % des répondants, ou encore un système unique par points qui ne recueille que 19 % d’avis favorables.

Les salariés et les fonctionnaires se montrent davantage attachés au système de retraite actuel par répartition (+ de 60 %) que les professions indépendantes (52 %).

4 – Les paramètres de nouvelles réformes

Une majorité de Français (80 %, soit 83 % des non retraités et 73 % des retraités) s’attend à une nouvelle réforme dans les années à venir. Mais les changements de paramètres, dits « paramétriques » sont préférés à une réforme de l’ensemble du système, dite « systémique », hypothèse formulée comme perspective pour 2013 lors de la réforme de 2010.

Des évolutions par petites touches qui allongeraient progressivement la carrière, soit en premier lieu l’allongement de la durée de cotisation et en second lieu le recul de l’âge légal de départ) semblent donc préférables, pour les personnes sondées, à un bouleversement complet du système.

Parmi les mesures possibles, l’allongement de la durée de cotisation est retenu par 57 % des répondants, toutes générations confondues, soit plus de 60 % des retraités et 55 % des autres générations.

Le recul de l’âge de la retraite est privilégié comme second paramètre dans 37 % des réponses, davantage par les retraités (presque la moitié d’entre eux) que par les autres (30 % à 35 % selon les générations).

L’augmentation des cotisations a la faveur d’environ 30 % des sondés. Cette mesure serait davantage acceptée par les générations plus âgées (près d’un tiers des réponses) que par les jeunes (un quart).

Les réponses varient selon que l’augmentation garantit ou non un niveau de pension généreux : « Si c’est le cas, 60 % des Français se disent prêts à accepter une hausse des cotisations. Sinon, 80 % des Français percevraient une hausse des cotisations plutôt comme une perte de revenu immédiat », soulignent les chercheurs.

Moins bien acceptée, la non-revalorisation des pensions est choisie par seulement 12 % des enquêtés.

Mais 16 % des jeunes y seraient tout de même favorables, pour seulement 7 % des retraités.

En conclusion, les auteurs de cette étude indiquent que 43 % des Français seraient prêts à travailler une ou deux années supplémentaires et 26 % trois ou quatre années de plus, afin de pérenniser le système de retraite actuel.

Par D.G et L.L.G

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