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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

ENVIRONNEMENT

10 Novembre 2021 , Rédigé par FO Services Publics 51

Les députés veulent convertir les agents publics à la transition écologique

Les députés ont voté le 21 octobre en commission la création d’un fonds d’innovation écologique en 2022. De quoi financer “l’appropriation par les agents publics de pratiques vertueuses” en matière de transition écologique au sein de l’État.

Après les ressources humaines, l’égalité femmes-hommes, les conditions de travail et la transformation publique au sens large, c’est au tour de l’écologie d’avoir son fonds de financement au sein de l’État. Un amendement au projet de loi de finances 2022 du député Éric Alauzet a été adopté en commission des lois de l’Assemblée pour acter la création d’un fonds d’innovation écologique en 2022. 

Voilà qui devrait aider les administrations à engager leur propre transition écologique, en permettant “à chaque agent public de concrétiser des projets vertueux au service de la transition écologique sur son lieu de travail”, selon le député LREM. Ce fonds, co-piloté par la DGAFP et l’Energy Observer Foundation, constituerait “un outil incitatif et d’accompagnement des agents”, par exemple en “identifiant et répertoriant les initiatives lancées au niveau local comme à l’occasion de la Semaine du développement durable” et ainsi leur donner davantage de visibilité. De quoi, selon le député, contribuer à “la création d’une culture commune interministérielle” et permettre à chaque agent de “s’inspirer et se réapproprier des projets existants pour les développer dans son propre environnement”. Exactement comme le fait déjà la DGAFP avec sa bibliothèques des initiatives RH, créée en 2019 pour rassembler toutes les innovations en matière de ressources humaines, justement permises par le fonds d’innovation RH, et éviter que chaque administration ne réinvente la roue. 

Comment le gouvernement compte “verdir” les services de l’État

Doté de 990 000 euros, le fonds écologique couvrirait ainsi les “coûts de développement et de fonctionnement des projets menés par les agents publics”, poursuit le député. Sans préciser la nature et l’ampleur des futurs projets. Ces derniers pourraient être nombreux, et plutôt sur le thème de la prévention et de la formation, compte tenu de la taille de l’enveloppe allouée. À titre de comparaison, les fonds déjà gérés par la DGAFP pour financer l’innovation RH (conditions de travail, égalité femmes-hommes et ressources humaines) pèsent chacun environ un million d’euros. Rien à voir, toutefois, avec les montants alloués au Fonds pour la transformation de l’action publique, doté de 700 millions d’euros sur cinq ans. Reste que le fonds d’innovation RH créé en 2017 finance déjà une quarantaine de projets très divers chaque année. 

Engagements de l’exécutif 

Alors que le nouveau tronc commun de formation des futurs hauts fonctionnaires doit justement comporter un module sur la transition écologique, le gouvernement a renouvelé ses engagements pour faire de l’administration un exemple en la matière. Dans une circulaire de février 2020, le Premier ministre de l’époque Édouard Philippe invitait l’ensemble des services de l’État à prendre le sujet au sérieux. Limitation des vols en avion, achats responsables, alimentation bio dans la restauration collective, recours au covoiturage, électrification du parc automobile, sobriété numérique, ou encore rénovation des bâtiments publics, le plan d’action de l’État comprenait alors 20 mesures “obligatoires” pour les administrations. “Les efforts d’adaptation demandés à tous les Français en vue d’assurer la transition écologique et solidaire doivent s’appliquer au premier chef aux services publics”, expliquait le Premier ministre.

Un appel à l’exemplarité qui n’a toutefois rien de nouveau. En 2015 déjà, alors que se jouait la COP21, Matignon pressait ses ministres de bâtir des plans “administration exemplaire” en matière de développement durable. Et ce afin de réduire la consommation énergétique de l’État, sa production de déchets ainsi que la pollution de ses déplacements. 

ACTEURS PUBLICS : article publie le vendredi 29 octobre 2021 & EMILE MARZOLF

 

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