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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

REMUNERATION

25 Juin 2026 , Rédigé par FO Services Publics 51

La nouvelle hausse du Smic affaiblit encore un peu plus le statu quo salarial dans la fonction publique

Si la hausse du Smic prévue au 1ᵉʳ juin s'annonce comme une bonne nouvelle pour les salariés du privé, elle révèle, pour les agents publics, l'ampleur d'un décrochage salarial devenu alarmant. Un million d'entre eux se retrouvent rattrapés par le minimum légal, tandis que les syndicats de la fonction publique interpellent directement le Premier ministre, Sébastien Lecornu, sur le chantier global des carrières et rémunérations.

Alors qu’un groupe de travail autour des rémunérations s’est tenu hier, le 19 mai, réunissant l’administration et les organisations syndicales de la fonction publique, pas un mot n’a été prononcé à la suite de l’annonce de la nouvelle hausse du Smic prévue au 1ᵉʳ juin et de ses conséquences sur les salaires des agents publics.

“Ce groupe de travail sera entièrement consacré à la transposition à la fonction publique de la directive européenne sur la transparence des salaires”, faisait savoir l’entourage du ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, en amont du groupe de travail.

Pourtant, cette annonce de hausse du Smic, qui constitue, si ce n’est une bonne nouvelle, du moins un signal encourageant pour les salariés du secteur privé, n’en est pas forcément une pour les agents publics. Elle accentue le décrochage salarial des agents. Selon les syndicats, un million de salariés devrait percevoir une indemnité différentielle afin de ne pas être rémunérés en dessous du salaire minimum. Geste qui, s’il leur parait indispensable, reste à confirmer et apparait de toute façon en deçà de leurs attentes.

Selon les récents travaux du collectif Sens du service public, la rémunération des agents de catégorie C sera directement impactée. Sans la mise en place du mécanisme d’indemnité différentielle, leur traitement indiciaire serait inférieur au Smic. Mais, plus grave, selon les travaux du collectif, avec cette nouvelle hausse, un agent de catégorie C ayant 19 ans d’ancienneté dans la fonction publique ne gagnera, en moyenne, que 38 euros bruts mensuels de plus que le Smic.

Le phénomène impactera également les agents de catégorie B qui, même avec 6 ans d’ancienneté, toucheront en moyenne 33 euros bruts mensuels de plus que le Smic, contre 128 euros en 2023. “Même la catégorie A est rattrapée”, fait valoir le collectif. Un agent de catégorie A au 1er échelon ne percevra plus que 77 euros bruts de plus que le Smic. “Le déclassement salarial touche désormais l’ensemble des catégories de la fonction publique”, analyse le collectif, qui met par ailleurs en avant trois conséquences majeures à cette situation. En premier lieu, les écarts de rémunération entre débutants et agents expérimentés qui se réduisent fortement, “effaçant progressivement la reconnaissance de l’ancienneté, des qualifications et des responsabilités”.

Sens du service public estime, par ailleurs, qu’une refonte des grilles devient indispensable pour donner du sens aux parcours professionnels des agents publics et assurer une véritable reconnaissance salariale des métiers publics. Il appelle à une réforme ambitieuse des rémunérations, tandis qu’une partie des agents publics risque de basculer dans une forme de “paupérisation salariale”, avec des conséquences directes sur l’attractivité des métiers publics et la qualité du service public.

“Une exaspération profonde” des agents et syndicats

Une situation également dénoncée par les organisations syndicales de la fonction publique qui ont demandé, dans un courrier commun adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu, “une rencontre dans les plus brefs délais”, sur le sujet de la rémunération des agents publics. “D’ores et déjà, 356 000 agents perçoivent une indemnité différentielle pour ne pas être rémunérés en dessous du Smic, avancent-elles. A minima, 700 000 seront à nouveau rattrapés par le minimum légal au 1ᵉʳ juin.” Elles précisent également que cette situation touchera les élèves fonctionnaires des corps de catégorie A.

“Ce nouveau tassement des grilles n’est pas acceptable, écrivent les organisations syndicales de la fonction publique dans leur courrier, et l’indemnité différentielle ne peut pas tenir lieu de politique salariale. Elle masque temporairement le problème sans le régler, tout en accélérant l’écrasement des carrières, niant les qualifications, l’expérience professionnelle et le principe même de carrière.” Il faut noter que cette indemnité différentielle ne peut être prise en compte dans le calcul des pensions de retraite.

Les organisations syndicales mettent également en avant une perte de pouvoir d’achat qui se poursuit, liée au décrochage du point d’indice, et ce malgré les revalorisations de 2022 et 2023 et l’attribution de 5 points au 1ᵉʳ janvier 2024. “Ces mesures n’ont jamais permis de compenser l’inflation, assurent-elles. De plus, la non-reconduction, pour la deuxième année consécutive, de la garantie individuelle de pouvoir d’achat (Gipa) a supprimé tout élément de compensation pour des dizaines de milliers d’agents, souvent en fin de carrière, dont le traitement reste bloqué.”

Celles-ci réitèrent donc, leur demande d’une hausse de la valeur du point d’indice, mettant en avant que l’immobilisme du gouvernement sur ce sujet “alimente une exaspération profonde”.

ACTEURS PUBLICS : Article publié le mercredi 20 mai 2026 & Marie MALATERRE

 

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