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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

FONCTION PUBLIQUE

24 Février 2024 , Rédigé par FO Services Publics 51

Remaniement : Stanislas Guerini reconduit à la fonction publique, les syndicats à l’offensive

C’est l’une des surprises de la seconde vague de nominations du gouvernement Attal : après un long bras-de-fer avec l’Élysée et Matignon, Stanislas Guerini conserve son titre de ministre de la Transformation et de la Fonction publiques avec à la clé, toujours, un ministère de plein exercice. Une annonce accueillie positivement par les syndicats, qui mettent déjà la pression sur le ministre alors que la réforme de la fonction publique est en préparation.

L’annonce de la seconde vague de nominations du gouvernement de Gabriel Attal était attendue de pied ferme, depuis le 11 janvier. Et elle a réservé quelques surprises, à commencer par la fonction publique et la réforme de l’État, qui conservent finalement un ministère de plein exercice. Le ministre sortant, Stanislas Guerini, redevient ainsi ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, selon le communiqué de l’Élysée diffusé jeudi 8 février.

C’est donc la fin d’une péripétie de près d’un mois qui avait commencé en janvier avec la disparition du ministère de plein exercice de la Fonction publique dans les premières nominations gouvernementales annoncées après l’arrivée de Gabriel Attal à Matignon. Une absence qui avait été pointée du doigt par de nombreux acteurs, notamment par les syndicats.

Stanislas Guerini remporte son bras-de-fer

L’affaire n’en était pas restée là, puisque Stanislas Guerini avait bataillé ferme auprès de l’Élysée et de Matignon pour retrouver intact son portefeuille. Lors de sa conférence de presse du 16 janvier, Emmanuel Macron avait néanmoins annoncé vouloir reconduire Stanislas Guerini pour porter la réforme de la fonction publique, qu’il prépare déjà depuis plusieurs mois... Mais sans dire si ce dernier garderait le titre de ministre de plein exercice, comme il le souhaitait.

Le flou demeurait ainsi sur l’avenir du portefeuille de la Fonction publique, rattaché, dans les faits, à Matignon depuis cette date. Stanislas Guerini vient de remporter son bras-de-fer. Charge désormais pour lui de mener à bien la nouvelle réforme de la fonction publique, qui doit être présentée désormais au second semestre et qui vise à rendre la fonction publique “plus attractive et plus moderne” notamment via un développement de la rémunération au mérite. Une perspective déjà vivement critiquée par les syndicats.

La réforme aura bien lieu 

S’il était resté “sur le pont” depuis début janvier avec son équipe, Stanislas Guerini a rapidement repris attache avec les syndicats. Quelques minutes après l’annonce de sa reconduction, il a ainsi appelé chaque syndicat de la fonction publique pour échanger sur l’agenda social des prochains mois. Un tour de table ou plutôt de téléphone au cours duquel il a donc confirmé sa volonté de mener à bien le projet de loi sur lequel il planche depuis plusieurs mois. “Je poursuis le travail avec un mandat clair : réformer la fonction publique”, a-t-il ainsi affirmé sur X (ex-Twitter). 

Sans surprise, les syndicats ont accueilli positivement le retour d’un ministère de plein exercice pour la fonction publique, tout en regrettant les atermoiements de l’exécutif autour de ce portefeuille. “Tout ça pour ça !” se désolent en substance les représentants du personnel. “Nous sommes satisfaits d’avoir de nouveau un ministère de plein exercice mais nous regrettons cette perte de temps au vu des chantiers importants qui sont devant nous pour la fonction publique”, commente ainsi Stanislas Gaudon, de la CFE-CGC. Gaëlle Martinez, de Solidaires, déplore quant à elle “un mois perdu” alors que “les urgences sont toujours là”, qu’il s’agisse des salaires ou des conditions de travail.

“Après près d’un mois d’indécision, nous disposons enfin d’un référent « fonction publique » au sein du gouvernement de Gabriel Attal, abonde Pascal Kessler, de la FA-FP. Maintenant, nous pouvons nous remettre le travail revendicatif en avant.” “Pourquoi avoir laissé plus de 5 millions d’agents publics sans interlocuteur pendant un mois ?” interroge pour sa part Mylène Jacquot, de la CFDT. Ce temps de vacances à la tête du portefeuille de la Fonction publique “laissera des traces”, estime-t-elle.

Les syndicats à l’offensive 

Les syndicats préviennent déjà : ils comptent “mettre tout suite (Stanislas Guerini) face à ses responsabilités”, pour reprendre les termes de Benoit Teste, de la FSU. “La fonction publique et ses professions sont en plein doute et en crise”, pointe-t-il. Ce syndicaliste, comme d’autres, regrette que la feuille de route du ministre repose essentiellement sur la réforme de la fonction publique, comme l’ont rappelé Emmanuel Macron et Gabriel Attal. Une réforme qui, selon Benoit Teste, vise à “mettre en œuvre une nouvelle étape de fragilisation du statut” en favorisant notamment un “prétendu mérite pour refuser la revalorisation de tous les agents publics”.

Céline Verzeletti, de la CGT, renchérit : “Si l’on se réfère aux derniers discours, l’urgence serait de faire une loi pour entériner un système de rémunération basé sur une notion fumeuse de mérite. Quand on connaît l’état de nos services publics, on ne peut que se dire qu’une telle loi est complètement à côté de la plaque.” Les urgences sont ailleurs, notamment sur le plan salarial, abonde Christian Grolier, de Force ouvrière. “Pour retrouver la confiance, Stanislas Guerini devra impérativement commencer par l’amélioration du pouvoir d’achat des agents publics et une nouvelle revalorisation du point d’indice de la fonction publique”, souligne-t-il. “On ne peut pas réformer contre, mais avec les agents, ajoute Mylène Jacquot, de la CFDT. Il faut reprendre les choses dans l’ordre : les salaires et les négociations d’abord.” “Nous avons enfin un ministre pour la fonction publique, insiste Luc Farré, de l’Unsa. Le dossier des rémunérations doit avancer, les agents publics le méritent.”

Dans l’attente de précisions sur l’agenda et le contenu de cette nouvelle réforme, les syndicats comptent, on l’a compris, mettre la pression sur le ministre reconduit. Ils auront notamment l’occasion de faire entendre leurs revendications le 19 mars prochain, à la faveur d’une journée de mobilisation à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique. Le mot d’ordre de la mobilisation est de “mettre un terme à la spirale de paupérisation de la fonction publique” et “refuser une année blanche” en termes de salaires pour les agents publics.

ACTEURS PUBLICS : article publie le jeudi 08 fevrier 2024 & BASTIEN SCORDIA

 

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