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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

NUMÉRIQUE

25 Avril 2026 , Rédigé par FO Services Publics 51

Fonction publique : l'IA réduit déjà les tâches rébarbatives, mais ne transforme pas encore les conditions de travail

Alors que le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, vient d'annoncer l'ouverture d'une négociation sociale sur l'IA avec l'ambition d'un accord d'ici l'automne, une enquête menée par son ministère auprès de près de 2 000 agents publics dresse un premier état des lieux de l'impact réel de ces outils sur le quotidien au travail. Gain de temps, réduction des tâches pénibles, autonomie renforcée : les effets positifs sont là, mais ils restent conditionnés à la formation et à l'accompagnement que l'administration peine encore à garantir.

L’annonce a fait grand bruit au milieu du week-end de Pâques. Alors que les partenaires sociaux de la fonction publique plaident depuis plusieurs mois en faveur d’un cadre de discussions clair autour de l’intelligence artificielle, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a annoncé l’ouverture d’une négociation sociale sur le sujet au sein de la fonction publique avec l’ambition d’aboutir à un accord d’ici à l’automne.

L’ambition est multiple. Définir des usages prioritaires de l’IA, fixer des principes éthiques, de formation ou encore d’accompagnement. Autant de bonnes intentions accueillies avec prudence par les organisations syndicales.

Afin d’avoir une idée plus précise de l’usage des outils d’intelligence artificielle dans les administrations et surtout de leur impact sur les conditions de travail et les organisations du travail, le ministère de l’Action et des Comptes publics a mené une enquête auprès d’un peu moins de 2 000 agents entre janvier et avril 2026.

Parmi les agents répondants, il est à noter que 24,3 % sont issus du ministère de l’Éducation nationale, 17,6 % de Bercy, près de 8 % du ministère du Travail et des Solidarités ou encore 5 % sont des agents du ministère de l’Action et des Comptes publics. Aussi, 28 % des répondants appartiennent à la catégorie A+ et 56 % à la catégorie A, ce qui donne une grille de lecture particulière à ces résultats.

On y apprend en premier lieu que 24 % des agents publics répondants utilisent l’IA dans le cadre de leur travail depuis moins de 6 mois, 28 % depuis moins d’un an, 34 % depuis un à deux ans et seuls 14 % depuis deux ans et plus. L’appropriation de ces outils est donc relativement récente.

Aussi, l’arrivée de ces outils dans le quotidien professionnel des agents est plutôt bien perçue. 57 % la jugent plutôt positive et 26 % très positive et seuls 12 % parlent d’une perception plutôt négative. Et parmi les vocables cités par les agents autour de l’usage des outils d’IA au travail, c’est “le gain de temps” qui arrive en première position et de manière massive.

Autre enseignement qui n’est en aucun cas une surprise : 81 % des agents interrogés utilisent les outils d’IA dans un cadre personnel et 89 % pour des raisons professionnelles. Une éventuelle porosité dans les usages que l’administration va devoir surveiller de près. Pour autant, d’après leurs déclarations, les agents publics semblent être de bons élèves en matière de choix des outils d’intelligence artificielle. Dans le cadre de leur travail, 85 % utilisent les outils fournis par leurs employeurs.

Concernant la formation, le ministère l’affirme, elle reste largement à déployer. Seuls 24 % des répondants ont reçu un enseignement dédié via leur employeur, 7 % via leur employeur mais par un organisme externe. 34 % se sont formés par leurs propres moyens et 36 % disent ne jamais avoir été formés.

Un gain de temps avéré

Les impacts de l’IA sur le travail des agents se situent en premier lieu autour de la réduction des tâches rébarbatives, pénibles ou dénuées de sens. Et, constat intéressant, plus les agents ont été associés en amont au déploiement des outils d’intelligence artificielle dans leur administration, plus ils mettent en avant cet impact.

66 % des agents associés en amont déclarent percevoir une réduction des tâches rébarbatives, contre 55 % des agents non associés au départ. Une dimension que les employeurs vont devoir rapidement prendre en compte. Aussi, 63 % des agents constatent une réduction des tâches pénibles après 2 ans d’utilisation contre 43 % après moins de 6 mois.

Les agents disent également que l’amélioration de l’autonomie au travail augmente avec l’intensité d’usage. Elle est citée par 56 % des utilisateurs intensifs et 11 % chez les utilisateurs rares, ces derniers déclarant majoritairement une absence totale d’impact.

Concernant les autres impacts cités par les agents, ils sont globalement encore plutôt timides. 77 % des agents répondants disent que les outils d’intelligence artificielle n’ont pas d’impact significatif sur le travail en équipe mais 11 % voient une légère amélioration.

35 % disent que l’intelligence artificielle a amélioré leur sentiment de travail bien fait et 11 % disent qu’il a même été “fortement amélioré”. Si 59 % ne voient pas d’impact significatif sur le bien-être au travail, 28 % constatent une légère amélioration et sur l’autonomie au travail, 24 % disent qu’elle a été légèrement améliorée et 10 % qu’elle s’est “fortement améliorée”.

Enfin, parmi les freins identifiés par les agents au déploiement de l’IA dans le cadre de leur organisation, 47 % évoquent la qualité et la performance des outils mis à disposition, 44 % le manque de formation, 39 % la réticence des agents à utiliser les outils ou encore 30 % l’interdiction de traiter des données à caractère personnel.

ACTEURS PUBLICS : Article publié le vendredi 10 avril 2026 & Marie MALATERRE

 

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