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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

REGLEMENTATION

2 Mai 2025 , Rédigé par FO Services Publics 51

Jours de carence, primes, salaires : cinq syndicats appellent à la mobilisation dans la fonction publique

5 des 8 syndicats de la fonction publique appellent à une journée de mobilisation le 13 mai. Au menu notamment, les rémunérations. La dernière mobilisation du 3 avril n'avait pas attiré les foules.

Un pari. Cinq organisations syndicales – CGT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC – appellent les personnels de la fonction publique à se mobiliser lors d’une journée d’action, “pouvant aller jusqu’à la grève”, et à participer aux manifestations qui seront organisées sur l’ensemble du territoire le mardi 13 mai, après la vague des ponts. Le mot d’ordre se veut très large : rémunération complète, sans carence, pendant les jours d’arrêt maladie ordinaire ; conditions budgétaires de versement de la Gipa (Garantie individuelle du pouvoir d’achat) pour 2025 ; augmentation de la valeur du point d’indice rétablissant le niveau des rémunérations et des mesures salariales générales au titre des années 2025 et suivantes ; refonte des grilles indiciaires, etc. Pour l’heure, deux poids lourds de la fonction publique se tiennent à l’écart de cette initiative : FO, située dans l’aile la plus contestataire, et la CFDT, sur un créneau plus réformiste.

Le dernier appel à la grève date du 3 avril et n’a pas attiré les foules dans la fonction publique. 1,6 % de grévistes ont été recensés dans la fonction publique d’État pour cette journée de mobilisation lancée à l’appel de 5 syndicats (CGT, FSU, Unsa, Solidaires et FA-FP) pour dénoncer l’austérité budgétaire et réclamer des hausses de salaires pour les agents publics. La CFDT, Force ouvrière et la CFE-CGC n’appelaient quant à elles pas à la mobilisation.

Le 5 décembre dernier, à l’issue d’un automne budgétaire assez rude pour la fonction publique, le style et le discours politiques très clivants du ministre de la Fonction publique d’alors, Guillaume Kasbarian, avaient permis de mobiliser davantage, à hauteur de près de 20 % des agents de l’État, au-delà de la réforme des arrêts maladies principalement visée à l’époque. Un score tiré par la direction générale des finances publiques de Bercy et l’Éducation nationale. La mobilisation avait alors été lancée à l’appel de 7 des 8 syndicats de la fonction publique (CGT, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, FA-FP et CFE-CGC), Force ouvrière menant, quant à elle, sa propre stratégie de mobilisation.

Porte fermée à la revalorisation du point d’indice et à la Gipa

Cinq mois plus tard, le contexte a un petit peu changé. Nommé en décembre, le ministre Laurent Marcangeli a opté pour une sémantique plus apaisante et il a amoindri la réforme des arrêts maladie qu’il a repris à son compte en l’expurgeant de l’une des deux mesures qui rapportait financièrement le moins : la suppression du deuxième et du troisième jour de carence. Tout en maintenant celle qui rapportait le plus : la baisse de 100 à 90 % de l’indemnisation des agents publics durant leurs arrêts maladie de courte durée, c’est-à-dire ceux de trois mois maximums.

Mais le ministre Marcangeli a fermé la porte à toute revalorisation du point d’indice, en laissant néanmoins entrevoir des revalorisations pour les plus bas salaires. Et comme en 2024, l’exécutif ne compte pas non plus verser cette année la Gipa, la prime de pouvoir d’achat des agents publics censée compenser l’inflation.

Dans un contexte économique mondial aussi incertain qu’anxiogène et alors que le chômage repointe son nez dans le secteur privé, mobiliser n’a rien d’une sinécure. La situation économique propre à la fonction publique reste pour autant problématique et donne lieu à une équation assez insoluble : étude après étude, année après année, la fonction publique apparaît en voie de paupérisation sur fond de finances publiques exsangues qui voit les gouvernements sans solutions.

À volume de travail identique, les salariés de la fonction publique percevaient en 2021 un salaire net moyen inférieur de 3,7 % à celui de leurs homologues du secteur privé, rapportait l’Insee dans une étude parue le 20 mars. Et ce malgré leur âge et leur niveau de diplôme en moyenne plus élevés. Dans le détail, le salaire annuel net moyen en EQTP d’un agent public est de 29 450 euros, contre 30 600 euros pour un salarié du privé. Si cet écart était favorable au secteur public en 1995, le salaire net moyen du secteur privé a ensuite progressé plus vite que celui de la fonction publique, si bien qu’il le dépasse depuis 2013, expliquait l’Insee. Cette question des rémunérations ainsi que celles des conditions de travail, de la carrière et de l’image figuraient d’ailleurs au centre d’un autre rapport que le think-tank de Matignon, France Stratégie, a consacré en décembre à la crise d’attractivité de la fonction publique. Une longue marche.

ACTEURS PUBLICS : Article publié le jeudi 17 avril 2025 & Pierre LABERRONDO

 

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