Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

RESSOURCES HUMAINES

19 Novembre 2025 , Rédigé par FO Services Publics 51

Conférence “Travail et retraites” : le gouvernement veut mettre la fonction publique “au cœur des discussions”

La fonction publique sera “au cœur des discussions” de la conférence sur le travail et les retraites lancée par le gouvernement Lecornu ce mardi 4 novembre. “Beaucoup de problèmes qui se posent dans le secteur privé se posent aussi dans le secteur public”, a expliqué le ministre David Amiel pour qui il ne peut pas y avoir de dialogue social à “deux vitesses”. Une initiative saluée par les syndicats qui restent malgré tout vigilants.

Elle avait été promise par Sébastien Lecornu après l’annonce de la suspension de la réforme des retraites de 2023. Le ministre du Travail et Solidarités, Jean‑Pierre Farandou, a lancé ce mardi 4 novembre la “conférence sur le travail et les retraites”. Un “lieu de débat et pas de négociation” avec les partenaires sociaux, a‑t‑il expliqué, qui “jettera les bases d’un débat apaisé sur des thèmes majeurs pour les Français et permettra notamment d’éclairer la prochaine élection présidentielle”. Ses travaux se dérouleront jusqu’à l’été 2026 (voir encadré en bas de l’article) et seront coordonnés par le président de section honoraire au Conseil d’État Jean‑Pierre Combrexelle qui sera appuyé par deux autres garants. À savoir l’ancienne ministre Anne‑Marie Couderc et le fondateur du groupe Alpha Pierre Ferracci.

“Tous les sujets vont être discutés, c’est une approche globale systémique où chaque élément est pris en compte. C’est en jouant sur l’ensemble des éléments qu’on peut trouver une réponse”, a développé Jean‑Pierre Farandou avec, à ses côtés, David Amiel, le ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État. Un signe de taille.

À la différence du “conclave” sur les retraites lancé en début d’année par le gouvernement Bayrou et qui était essentiellement centré sur le secteur privé, la fonction publique sera en effet “au cœur des discussions”, en parallèle de l’agenda social, a promis David Amiel : “Cela n’a pas toujours été le cas alors que beaucoup de problèmes qui se posent dans le secteur privé se posent aussi dans le secteur public, qu’il s’agisse des retraites, des conditions de travail, de la progression professionnelle, de la mobilité professionnelle, de la lutte contre l’usure pour les métiers pénibles, des inégalités entre les femmes et les hommes.”

Trois thématiques de travail

Pour le ministre, il était donc ainsi nécessaire de “prendre en compte les spécificités de la fonction publique” pour “qu’il n’y ait pas un dialogue social à deux vitesses”. “On ne sera pas d’accord sur tout”, a‑t‑il toutefois reconnu. “Mais, a ajouté David Amiel, on parlera de tout.”

Dans le détail, les travaux de cette conférence seront organisés autour de trois thématiques et de différents groupes de travail. À commencer par “travailler mieux”, afin d’“améliorer la prévention, les conditions et la qualité de vie au travail dans une logique de performance sociale et économique, dans un contexte dans lequel le rapport au travail change”, explique le gouvernement.

Deuxième thématique retenue par l’exécutif : “favoriser l’emploi qualifié et la construction de réels parcours professionnels, adaptés tant aux besoins en compétences des entreprises, singulièrement dans l’industrie, qu’offrant une réelle progression tout au long de la carrière”. Le dernier axe de discussions portera quant à lui sur “l’avenir des retraites” en interrogeant les évolutions du système de retraite, y compris dans sa gouvernance, “le besoin de maintenir en emploi les salariés expérimentés, avec des transitions professionnelles adaptées” et “l’encouragement de la poursuite d’activité pour les salariés qui le souhaitent”.

“Parler enfin des agents autrement que par le prisme budgétaire”

Si le cadre des discussions relatives à la fonction publique reste encore flou, les syndicats présents au lancement de la conférence saluent en tout cas la prise en compte des spécificités du secteur public. “L’annonce de David Amiel fait sens, affirme ainsi Pascal Kessler de la FA‑FP. Il n’est pas possible de déconnecter le secteur public du secteur privé”. “Enfin, on va remettre les choses à l’endroit et parler des agents publics autrement que par le prisme budgétaire”, a abondé la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon. “Pour une fois, la fonction publique aura une place équivalente à celle du secteur privé, ce qui permettra de discuter du secteur public à un autre moment que le budget, renchérit la secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques, Mylène Jacquot. On pourra enfin parler des agents publics comme des gens qui travaillent contrairement à ce que l’on peut parfois malheureusement entendre lors de l’examen des projets de loi de finances.”

“Au printemps dernier, nous n’avons cessé de dénoncer le choix d’écarter la fonction publique des discussions sur les retraites, ajoute Caroline Chevé de la FSU. Nous saluons donc la décision du gouvernement d’associer aujourd’hui la fonction publique.

 La syndicaliste reste toutefois vigilante sur la suite des discussions de la conférence : “Nous demandons encore que les sujets soient au maximum traités en commun que ce soit sur les questions d’âge de départ à la retraite, de durée de cotisation, de prise en compte de la durée des études ou encore sur les droits familiaux et conjugaux. Les fonctionnaires ne peuvent pas en être écartés”.

“Si la méthode a été précisée lors du lancement de la conférence, il reste à éclairer les choses de manière concertée puisque la séparation stricte des groupes de travail ne semble pas totalement possible et réaliste”, abonde Pascal Kessler de la FA‑FP.

Le calendrier de la conférence sur le travail et les retraites
Les travaux de la conférence sur le travail et les retraites seront organisés autour de séances plénières et d’ateliers qui se tiendront au Conseil économique social et environnemental (CESE). La première plénière devrait avoir lieu début décembre. Les travaux se poursuivront ensuite jusqu’à l’été 2026 “avant de s’achever par l’organisation d’une grande conférence de clôture”, explique le gouvernement. “De premières restitutions seront présentées, par ailleurs, lors d’une réunion intermédiaire au printemps 2026”, ajoute l’exécutif.

ACTEURS PUBLICS : Article publié le mercredi 05 novembre 2025 & Bastien SCORDIA

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article