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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

RESSOURCES HUMAINES

23 Février 2026 , Rédigé par FO Services Publics 51

Le modèle de carrière de fonctionnaire ne domine plus chez les jeunes entrants dans la fonction publique

Selon une étude menée par le service statistique de la DRH de l’État, 13 % des jeunes qui ont fini leurs études en 2017 travaillaient dans la fonction publique en 2023, dont la moitié sous contrat. Une proportion bien plus élevée que les 24 % de contractuels dans l’ensemble des effectifs du secteur public.

Comment se construit l’accès à la fonction publique des jeunes diplômés plusieurs années après la fin de leurs études ? C’est la question sur laquelle s’est penchée le service statistique de la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), dans une étude diffusée le 11 février. Cette enquête est représentative des quelque 746 000 jeunes sortis il y a neuf ans, avec ou sans diplôme, d’une formation initiale. Les répondants ont été interrogés à deux reprises, en 2020 et 2023, pour en savoir plus sur leur secteur d’activité, la stabilité de leur emploi et leurs attentes initiales.

Il ressort de ces travaux chiffrés que 13 % des jeunes de cette génération travaillaient dans le secteur public en 2023, les trois quarts d’entre eux y évoluant déjà trois ans plus tôt. La spécificité de ces jeunes entrés très tôt dans la fonction publique : ils ont plus souvent que les autres au moins un parent fonctionnaire (44 %, contre 33 % pour le reste des interrogés), et bénéficient plus largement, en outre, d’un diplôme du supérieur. C’est le cas pour 61 % d’entre eux – contre 47 % au global –, un jeune sur trois dans cette catégorie possédant même un niveau bac + 5 ou un doctorat, contre moins d’un sur quatre dans l’effectif total. Une forte représentation “plus marquée chez les jeunes que dans l’ensemble des agents publics, du fait de l’élévation du niveau de diplôme des nouvelles générations”, soulignent les auteurs de l’étude.

Parmi les répondants en poste dans la fonction publique, la préférence pour le secteur apparaît fréquemment dès les études. C’est le cas pour près d’un jeune sur deux, qui travaille donc, six ans après la fin de ses études, dans un secteur conforme à son souhait initial. En comparaison, parmi les jeunes qui travaillaient dans le privé en 2023, seuls 5 % avaient fait part d’un attrait pour la fonction publique à la fin de leurs études.

 “Dans un contexte où la fonction publique semble avoir durablement des difficultés à recruter dans certains métiers, ce résultat fait émerger des leviers d’action pour les employeurs publics, notamment l’importance d’actions de sensibilisation en amont de l’entrée sur le marché du travail”, estime le service statistique.

1 jeune sur 2 sous contrat en 2023

L’étude met aussi en avant la montée en puissance de la contractualisation, puisque le nombre de titulaires et de contractuels, parmi les jeunes interrogés en poste dans la fonction publique, en 2023, est quasiment identique. Pour rappel, dans l’ensemble de l’emploi public, la part de contractuels se situait, en 2024, à 24 %. Selon les chercheurs de le DGAFP, ces chiffres sont une nouvelle preuve, déjà illustrée par la Cour des comptes l’an dernier, que “le modèle de carrière de fonctionnaire ne domine quasiment plus chez les jeunes entrants”.

Désormais, au contraire, “la stabilité dans l’emploi public passe davantage par le type de contrat que par le statut”  : en 2023, 71 % des jeunes agents publics avaient un emploi stable, dont 52 % en tant que titulaires et 19 % sous contrat. La part des CDD parmi ces derniers (60 %) est d’ailleurs moins élevée que celle de l’ensemble de la fonction publique (69 %), traduisant, lit‑on dans l’étude, un accès à l’emploi stable facilité pour les jeunes contractuels.

Si les emplois stables sont majoritaires, le temps partiel est, en revanche, plus présent chez les jeunes dans la fonction publique en 2023 (14 %) que dans l’ensemble de la population interrogée (9 %). Il est même en augmentation d’un point entre 2020 et 2023, et concerne 20 % des jeunes agentes de la génération 2017.

Afin de confirmer – ou d’infirmer – ces tendances, une nouvelle enquête a été lancée pour les jeunes sortis d’étude en 2021, dont les premiers résultats devraient être disponibles “d’ici à la fin de l’année 2026”, précise la DGAFP.

ACTEURS PUBLICS : Article publié le jeudi 12 février 2026 & Paul IDCZAK  

 

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