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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

Des fonctionnaires de plus en plus en proie à l’écoanxiété

28 Septembre 2026 , Rédigé par FO Services Publics 51

Source : La Gazette des communes 

 

Parce que leur métier est en lien direct avec les enjeux environnementaux, des agents témoignent de leur sentiment d’écoanxiété.

 

Mathilde Elie et Brigitte Menguy

Publié le 20 juillet 2026 à 14h44

 

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« Je me suis dit que travailler dans la fonction publique serait forcément ravailler pour le bien commun. J’avais de l’espoir. Mais je me suis vite retrouvée face à la réalité. En matière d’environnement, nous n’avons pas le emps et cela ne fait que renforcer le sentiment d’écoanxiété. » Ce témoignage d’une agente, chargée de mission « climat-air-énergie » dans une communauté de communes en Touraine, fait écho à la dernière enquête annuelle du collectif. Une fonction publique pour la transition écologique. Intitulée « Transition écologique dans la fonction publique, des agents engagés mais empêchés d’agir », l’étude ne traite pas directement la question de l’écoanxiété. Pourtant, des commentaires spontanés d’agents vont dans ce sens.

 

Sentiment d’inutilité

 

« Ils nous font part d’un découragement, d’une colère et de conséquences sur eur santé mentale, détaille Benjamin Caraco, trésorier au sein du collectif. Nous avons déjà émis des alertes soulignant l’écart entre la gravité duproblème et la mise en place de solutions. Ce décalage peut être une source de risques psychosociaux. » En prise directe avec les territoires, les agents publics sont confrontés à l’évolution du climat. « Depuis cinquante ans, notre territoire a pris +2,5°, déplore une directrice d’un syndicat de rivière de la région Rhône-Alpes. On se demande à quoi on sert et on nous pose parfois la question! » La chargée de mission de Touraine ajoute: « Le PCAET [plan climat-airénergie territorial, ndlr], tout le monde s’en fiche. Les trois quarts du personnel ne savent pas ce que c’est. Un élu m’a dit que c’était un cale-porte… » Selon elle, ce sentiment d’inutilité va de pair avec une impossibilité de prendre position, devoir de réserve oblige. « J’ai voulu éveiller la gouver-nance actuelle au fait que l’on a du mal à mettre des choses en place pour adapter le territoire, qu’il faut assumer ces difficultés devant les habitants et en faire une opportunité de réfléchir collectivement. On m’a vite rappelé que j’avais un devoir de réserve. J’ai eu l’impression d’être bâillonnée et cela ajoute au sentiment d’impuissance. On doit faire valider les choses par toute une chaîne de personnes pour, au final, voir un projet déformé, voire annulé».

 

Mobilité professionnelle

 

À cela s’ajoute le rythme d’une administration compliqué à gérer pour des fonctionnaires déjà anxieux. « Une directrice générale adjointe m’a déjà dit qu’il fallait que je m’aligne sur une politique de la lenteur », se souvient l’agente, avec amertume. À quel point ce mal-être est-il pris en compte par les services RH? « Il y a eu des progrès sur la prévention des risques psychosociaux, mais, globalement, les collectivités ne sont pas très avancées, reconnaît Adam Forrai, secrétaire général du Lierre. Des agents trouvent la parade en créant leurs propres réseaux d’entraide. D’autres finissent par changer de poste. » Cette envie d’ailleurs, Jeanne, ex-responsable d’un service « environnement » près de Lyon, l’a concrétisée récemment et s’en félicite: « Ne plus être exposée quotidiennement aux problèmes environnementaux est moins pesant. Le fait d’avoir changé de territoire aussi : moins de restriction d’eau, moins de pollution d’air, moins de risque… cette mobilité professionnelle m’a fait beaucoup de bien », explique la désormais chargée du programme local de l’habitat au sein d’une agglomération bretonne. Au chapitre des solutions se trouve, enfin, la nécessaire prise de conscience des élus. « Je suis face à des maires ruraux qui ne sont pas des professionnels et qui ne se forment pas à ces questions. Ils n’ont pas conscience de l’urgence à agir. Pour eux, l’urgence est ailleurs », témoigne un agent recruté pour instaurer un PCAET en Seine-et-Marne. Selon lui, « rien ne pourra être fait sans

portage politique ». Témoignage

 

« Des agents déplorent les lenteurs des élus sur les enjeux écologiques »

 

Adam Forrai, secrétaire général du Lierre, réseau d’acteurs publics, chercheurs,

scientifiques, qui travaillent sur les blocages en matière environnementale dans les politiques publiques « Dans notre réseau, on parle d’écoréalisme plutôt que d’écoanxiété. Eau, assainissement, déchets, gestion des incendies… Si on regarde chaque métier de la territoriale, on voit que chacun a une bonne raison de l’être : 30 % d’entre eux sont des métiers environnementaux ou en lien avec les enjeux écologiques. Cela fait des agents territoriaux les premiers responsables et porte-drapeaux des enjeux environnementaux. Ce sont aussi les plus sensibles au manque d’ambition ou à la lenteur d’un certain nombre d’élus. Pour les accompagner, notre réseau a créé un site dédié, “solutionstransitions.fr”, présentant des fiches rédigées par des agents qui ont mis en  place des dispositifs facilement duplicables. »

 

Mathilde Elie, Journaliste

Brigitte Menguy, Rédactrice en chef adjointe

 

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