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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

Fonction publique le gouvernement maintient le gel du point d’indice, les syndicats claquent la porte

21 Septembre 2026 , Rédigé par FO Services Publics 51

Source : La Gazette des communes

Réuni ce 8 juillet pour la première fois depuis deux ans, le rendez-vous salarial n’a pas convaincu les organisations syndicales représentatives de la fonction publique. Face à des mesures ciblées sur les carrières mais sans revalorisation générale, elles ont quitté la réunion et relancent leur appel à la mobilisation du 29 septembre.

Mathieu Vissouarn et Claire Boulland Publié le 8 juillet 2026 à 18h00 Partager

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Enfin. Après un premier échec en avril, les syndicats avaient quitté le tout premier groupe de travail sur les rémunérations quelques minutes après son ouverture, David Amiel retentait sa chance ce 8 juillet avec ce rendez-vous salarial annuel, qui n’avait plus eu lieu depuis deux ans. “Je refuse que les fonctionnaires soient les boucs émissaires de nos difficultés de finances publiques”, avait-il assuré fin juin sur France Inter, tout en prévenant que les marges de manœuvre resteraient limitées.

Conséquence directe, il a exclu toute hausse uniforme du point d’indice, la revendication centrale des syndicats, jugée trop coûteuse (2,4 milliards d’euros par point de pourcentage). Il a aussi renoncé à toute nouvelle mesure

catégorielle, un outil pourtant beaucoup mobilisé ces dernières années mais qu’il juge responsable d’une fragmentation de la politique salariale.

Trois mesures envisagées

En lieu et place, il a présenté trois mesures ciblées. D’une part, une réforme des règles de classement, qui améliore la reprise d’ancienneté à l’entrée dans un corps, y compris pour les agents venant du secteur privé dont l’expérience serait désormais mieux valorisée, et qui bénéficierait à 30 000 agents de la fonction publique d’État par an, sous réserve de son financement dans le projet de loi de finances 2027.

D’autre part, une hausse des taux de promotion pour les catégories B, C et les attachés. Enfin, un assouplissement à venir des quotas de promotion interne. S’ajoute à cela un chantier pluriannuel d’injection de points d’indice sur les débuts de carrière, avec une concertation technique dès septembre.

Le calcul des bénéficiaires de l’indemnité différentielle en question

Après plus d’une heure trente d’échanges, les organisations syndicales ont choisi de ne pas poursuivre la réunion. Sans rejeter en bloc les propositions du ministre, elles ont jugé unanimement que la réponse n’était pas à la hauteur de leurs attentes.
Christian Grolier, secrétaire général de la FGF-FO, situe le point de rupture après l’annonce d’une réflexion du ministre sur l’indemnité différentielle. Ce dernier a évoqué le lancement d’un groupe de travail dès septembre pour comparer le Smic non plus au seul traitement brut, mais à l’ensemble de la fiche de paie, primes comprises, une évolution qui viendrait restreindre le bénéfice de cette indemnité, dont ont bénéficié 862 000 agents à la suite de la revalorisation du Smic au 1er juin 2026. “Comment faire encore des économies sur le dos des fonctionnaires...”, se désole Christian Grolier. “C’est désespérant.”

“Des mesures venteuses”

Au-delà de ce point précis, c’est l’ensemble des trois mesures présentées par le ministre qui laisse les syndicats sur leur faim. “Tout cela, ce sont des mesures venteuses. Les années 2026 et 2027 seront décidemment des années blanches”, tacle Pascal Kessler, secrétaire général de la FA-FP.

Un constat que partage, de manière plus mesurée, l’Unsa. Ce que réclament les syndicats, c’est une revalorisation générale et immédiate de la valeur du point d’indice, indexée sur l’inflation. Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa Fonction publique, chiffre le décrochage cumulé du point d’indice à environ 15% sur dix ans. Au-delà des chiffres, c’est un enjeu de fond qu’il pose. “C’est d’abord et avant tout un problème de reconnaissance des agents publics, de leur engagement, et de savoir quelle fonction publique on veut demain”, résume-t-il. “Nous voulons une fonction publique reconnue, avec des agents motivés, avec des agents qualifiés.”

Même son de cloche à la CFDT Fonctions publiques où Laure Revel, secrétaire générale de l’organisation, regrette que les mesures annoncées concernent avant tout la fonction publique d’État, renvoyant la territoriale et l’hospitalière à des discussions ultérieures avec leurs employeurs.

Une séquence déjà très tendue entre les syndicats et le gouvernement

Alors que ce rendez-vous salarial était très attendu par les syndicats, ces derniers y voient un nouvel acte manqué s’inscrivant dans une séquence déjà tendue. La veille, les organisations syndicales avaient unanimement rejeté, une seconde fois, le projet de texte sur les arrêts maladie au Conseil commun de la fonction publique. La question de la transposition de la directive européenne relative à la transparence des rémunération et l’énième report du calendrier d’adoption de la loi est également mal vécus. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a en effet annoncé fin juin un vote désormais espéré non plus avant fin 2026, mais d’ici la présidentielle de 2027. Reste à savoir quelle ampleur prendra la mobilisation du 29 septembre, déjà relancée par les syndicats à l’issue de la réunion. Toutes les organisations en confirment a minima le maintien, certaines devant encore consulter leurs instances pour savoir si elles iront plus loin.

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