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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

Sous-directions santé des Sdis : le grand défi de l’attractivité

7 Septembre 2026 , Rédigé par FO Services Publics 51

En reconnaissant la pluriactivité des professionnels de santé des services départementaux et de secours, la loi du 7 avril 2026 met fin à une insécurité juridique pénalisante, sans pour autant régler l’épineuse question des rémunérations. Une sécurisation qui risque de ne pas suffire à redorer l’attractivité de ces postes.

Véronique Vigne-Lepage

Publié le 17 juillet 2026 à 09h57 Partager

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                                         V. FARINE / MAXPPP

La loi du 7 avril 2026 repose sur la clarification des missions et la sécurisation de la pratique des médecins, y compris ceux qui sont volontaires.

Chiffres clés

94,9%des membres des services de santé des Sdis sont des sapeurs- pompiers volontaires
et 4,5%, des SP professionnels;
0,6% sont contractuels.

Les services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) comptent depuis longtemps des personnels de santé. Mais la loi n°2026-247 du 7 avril 2026 vient de reconnaître la diversité des missions des médecins des Sdis, alors que ceux-ci sont parfois interpellés par le conseil national de l’Ordre pour l’exercice d’une spécialité autre (médecine d’urgence ou de prévention) que celle pour laquelle ils sont certifiés.

Une pratique plurielle enfin légale

«Quand on est médecin sapeur-pompier, on a une pratique plurielle: on fait à la fois de la médecine d’urgence et de la médecine du travail, alors qu’on est soit urgentiste, soit médecin du travail, explique le docteur Frédéric Petitjean, médecin chef du Sdis des Alpes-de-Haute-Provence [127 agents]. Le texte valide cette double compétence.»

Il liste aussi les actes de médecine générale, de médecine d’aptitude et de prévention, «l’expertise, l’enseignement et la recherche» et les «missions de direction, d’encadrement, de mise en œuvre, d’évaluation ou de conseil». «L’intérêt de ce texte est la sécurisation de la pratique des médecins, y compris ceux qui sont volontaires, commente le docteur Norbert Berginiat, vice- président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France [FNSPF]. Mais nous avons dit que la loi devait intégrer les autres professionnels de santé, pour anticiper de futures réglementations ou évolutions.»

Une demande entendue par le député (Les Démocrates) de la Sarthe, Jean- Carles Grelier, auteur de la proposition de cette loi qui reconnaît aussi la diversité des missions des pharmaciens, infirmiers, cadres de santé, vétérinaires, psychothérapeutes et psychologues des Sdis.

On peut être infirmier anesthésiste, de bloc opératoire ou puériculteur et, pour autant, «faire de tout, assure Samuel Laudic, vice-président de l’Association nationale des infirmiers sapeurs-pompiers [Anisp]. Les Sdis recrutent des profils polyvalents, parce que cela rend le management plus facile, car il faut gérer les remplacements et garantir le maintien permanent de compétences sur tous les sujets».

Optimiser les compétences infirmières

La loi du 7 avril «a été écrite pour les médecins, mais va peut-être nous être favorable», entrevoit Samuel Laudic. Pour cela, l’Anisp plaide pour faire inscrire aussi dans son décret d’application des spécialités (comme celle de pratique avancée) et certains gestes ou protocoles de soins encore non

autorisés: «Les infirmiers de Sdis ne peuvent pas exploiter tout leur potentiel, estime-t-il. On n’optimise pas les ressources.»
Selon Samuel Laudic, l’inscription des missions des cadres de santé vient, en revanche, reconnaître l’utilité de ces postes d’encadrement et de coordination. «Beaucoup de Sdis n’en ont pas et des infirmiers se retrouvent à faire du management, du portage de projet, de la gestion RH et de planning, explique-t- il. Ce n’est pas faire du zèle que d’avoir un cadre de santé pour encadrer des infirmiers sapeurs-pompiers professionnels.» Cette reconnaissance va aider ces derniers à argumenter en faveur du recrutement d’un cadre.

Ce texte pourrait-il également rendre tous ces postes plus attractifs? En effet, a pointé Jean-Carles Grelier dans l’exposé des motifs de sa proposition de loi, plus le nombre et la moyenne d’âge des sapeurs pompiers augmentent, «plus il semble difficile de recruter» pour les sous-directions «santé». «La ressource est en péril», confirme Frédéric Petitjean, qui vient enfin de recruter, après cinq ans d’appels infructueux à candidatures, celui qui lui succédera alors que son départ à la retraite approche.

Du côté des infirmiers aussi, «il est certain que le manque de normalisation des pratiques crée des frustrations et des incompréhensions, et freine des volontés», estime Samuel Laudic.
Alors que les sous-directions «santé» des Sdis sont composées à près de 95% par des pompiers volontaires, pourrait-on par ailleurs aller vers plus de professionnalisation?

«Cela serait souhaitable au regard de l’ampleur des missions et de la croissance de l’activité des services de secours, juge Norbert Berginiat. Nous argumentons pour arriver à atteindre, dans les sous-directions “santé”, 20% de sapeurs-pompiers professionnels [SPP], la moyenne globale dans les Sdis.» Mais peu croient à cette évolution. «L’attractivité ne peut venir que par la rémunération, prévient Sébastien Jansem, président délégué de la FA-SPP. Les médecins du travail, notamment, étant recherchés partout, il y a une forme de surenchère et le comparatif est très défavorable aux Sdis.» Selon Norbert Berginiat, un médecin territorial est rémunéré 50% de moins que ses confrères hospitaliers.

Le chantier inachevé des rémunérations

Dans sa proposition de loi, Jean-Carles Grelier prévoyait une hausse de leur rémunération, mais le sujet a été renvoyé à d’autres cadres. «Des discussions sont lancées avec la direction générale de la sécurité civile, assure Norbert Berginiat. Cependant, cela coince à Bercy et un peu au ministère de la Santé, qui craint un siphonnage des hôpitaux – risque très théorique au vu du nombre de médecins potentiellement concernés.»

Si la comparaison avec les praticiens des armées a été utilisée pour faire reconnaître la polyvalence des missions de ceux des Sdis, c’est sur la rémunération des inspecteurs de santé publique (des fonctionnaires) que celle des médecins sapeurs-pompiers pourrait être alignée.

«La seule révolution serait cette revalorisation. Mais la loi du 7 avril résout surtout le problème des employeurs, qui est la nécessité de s’adapter à la réalité du monde médical», estime Sébastien Delavoux, animateur du réseau CGT-Sdis.

Selon lui, le nombre de postes de SPP dans les sous-directions «santé» reste trop limité. «Les finances des Sdis ne permettent pas d’en créer beaucoup, observe-t-il, et nous ne voyons pas de volonté de le faire.»

Juridique. Une loi de "mise en conformité"

La loi n°2026-247 du 7 avril 2026 hisse au rang législatif la composition de la sous- direction «santé», jusqu’alors régie par voie réglementaire. Par conséquent, la composition de cette sous-direction ne connaît pas de bouleversement.

Source : La Gazette des Communes

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