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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

CONCOURS FONCTION PUBLIQUE

4 Décembre 2019 , Rédigé par FO Services Publics 51

Les propositions du Sénat pour renforcer l’attractivité des concours de la fonction publique

Dans son rapport pour avis sur le volet “Fonction publique” du projet de loi de finances pour 2020, la sénatrice LR Catherine Di Folco formule des propositions pour “renforcer l’attractivité” des concours et “optimiser” leurs conditions d’organisation. Un processus “long et coûteux” qui est aussi marqué par un phénomène d’absentéisme, explique la parlementaire. 

Alors que le gouvernement s’est engagé dans un chantier de renforcement de l’attractivité des métiers et des concours de la fonction publique , le Sénat a décidé d’apporter sa pierre à l’édifice dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2020. Présenté en commission des lois mercredi 27 novembre, le rapport de la sénatrice LR Catherine Di Folco sur le volet “Fonction publique” du budget avance une série de propositions pour d’une part “optimiser les conditions d’organisation des concours” et d’autre part “adapter le contenu des épreuves”. 

“Depuis une dizaine d’années, le pouvoir réglementaire s’est limité à modifier, au cas par cas, certains concours administratifs, sans aucune réflexion d’ensemble sur leur attractivité”, explique ainsi la parlementaire dans ce rapport qu’Acteurs publics a pu consulter.

Chute de 33 % 

Sans surprise, la sénatrice s’inquiète dans ce document de la “perte d’attractivité” des concours administratifs du secteur public. Leur attractivité s’érode dans chaque versant de la fonction publique, explique-t-elle. À l’État, par exemple, le nombre de candidats présents (hors concours interne) “a baissé de 16,5 %” entre 2014 et 2015.

Dans la territoriale, le nombre de candidats présents aux concours organisés par les centres de gestion a quant à lui “chuté de près de 33 %” entre 2014 et 2017, “passant de 124 276 à 83 539 personnes”. 

“Cette tendance ne s’explique que partiellement par la diminution du nombre de postes à pouvoir (- 23,60 %)”, indique le rapport en citant l’évolution du taux de sélectivité (5,34 candidats se sont présentés pour un lauréat en 2017 contre 6,48 en 2014). 

Cette voie d’accès “traditionnelle” à l’emploi public est “aujourd’hui concurrencée” par le recours aux contractuels, ajoute le rapport, s’inquiétant par conséquent des dispositions de la loi du 6 août dernier de transformation de la fonction publique, qui prévoit un élargissement des possibilités de recours au contrat. 

“Processus long et coûteux”

La parlementaire évoque aussi plusieurs difficultés liées à l’organisation des concours : “un processus long et coûteux”. “Pour les employeurs publics, l’organisation d’un concours nécessite plusieurs mois de travail pour fixer le calendrier des épreuves, assurer l’information des candidats, louer des salles d’examen, réunir un jury, définir les sujets, surveiller les épreuves, corriger les copies, organiser les oraux d’admission…” développe la sénatrice. 

Elle indique aussi, à titre d’exemple, que le recrutement par concours d’un rédacteur territorial coûte “près de 1 400 euros”, d’un agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem) “jusqu’à 1 900 euros” et d’un agent de la filière artistique “jusqu’à 7 000 euros”. 

Absentéisme et multi-inscriptions

Par ailleurs, explique le rapport, le taux d’absence des candidats “reste élevé” dans les trois versants, “ce qui soulève d’importantes difficultés de gestion pour les organisateurs”. Dans la territoriale, le taux d’absence aux concours des centres de gestion a ainsi atteint près de 40 % en 2017. Un chiffre en hausse de 9 points par rapport à 2014. 

“Un tel absentéisme s’explique, pour partie, par un phénomène de multi-inscriptions, souligne le rapport. Les candidats s’inscrivent à un maximum de concours pour optimiser leurs chances de réussite même s’ils ne peuvent pas se présenter à toutes les épreuves.” 

La gestion des lauréats, complète la sénatrice, peut aussi “s’avérer délicate” en particulier dans la territoriale, où les lauréats sont inscrits sur des listes d’aptitude les autorisant à répondre aux offres d’emploi des collectivités. Mais s’ils ne trouvent pas de poste dans un délai de quatre ans, “ils sont considérés comme des reçus-collés et perdent le bénéfice de leur concours”, explique le rapport.

Selon la Fédération nationale des centres de gestion (FNCDG), le taux de ces “reçus-collés” s’élève aujourd’hui à 9 % environ des lauréats des concours organisés par ces centres. 

Calendriers centralisés 

Forte de ces constats, Catherine Di Folco préconise, “pour plus de cohérence”, de passer en revue “dans un délai de deux ans” l’ensemble des concours de la fonction publique. 

S’agissant de “l’optimisation des conditions d’organisation des concours” et notamment de la lutte contre l’absentéisme des candidats, elle estime nécessaire de publier “de manière centralisée” les calendriers des concours de la fonction publique “alors qu’il faut aujourd’hui consulter plusieurs sites pour obtenir une information exhaustive”. Le site Internet Place de l’emploi public – la bourse commune de postes de la fonction publique – est la solution toute trouvée, estime la parlementaire. 

Outre la mise en place rapide d’une disposition de la loi du 6 août dernier visant à lutter contre les “multi-inscriptions” pour les concours organisés par les centres de gestion, le  rapport avance plusieurs autres propositions pour simplifier l’organisation des concours sur le plan de la logistique : mutualisation de certaines épreuves écrites entre plusieurs concours, centralisation sur une plate-forme des coordonnées et profils des membres de jury pour simplifier la constitution des jurys ou encore dématérialisation de la correction des copies. 

Davantage d’épreuves pratiques

Pour “diversifier” les profils enfin, la parlementaire juge nécessaire de “poursuivre les efforts d’adaptation des épreuves, sans en réduire le niveau d’exigence”. Elle propose ainsi de favoriser le recours à des épreuves pratiques “tant à l’écrit qu’à l’oral” et de “développer les épreuves collectives de mise en situation permettant au jury d’apprécier les aptitudes relationnelles des candidats”. 

Dernière proposition avancée en ce sens : le développement des concours sur titre “afin d’assouplir le processus de recrutement”. Un point que la loi du 6 août dernier a déjà abordé en prévoyant que les concours sur titre couvrent désormais l’ensemble du versant territorial, alors qu’ils étaient uniquement réservés jusqu’alors aux filières sociale, médico-sociale et médico-technique.
 

acteurs publics : article publie le mercredi 27 novembre 2019 & BASTIEN SCORDIA

 

 

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