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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

TELETRAVAIL

5 Mars 2026 , Rédigé par FO Services Publics 51

Dans la fonction publique, des télétravailleurs plus âgés et moins mis sous pression que dans le privé

Selon des chiffres diffusés par la DRH de l’État, le télétravail dans la fonction publique concerne une population plus âgée et moins capée que dans le secteur privé. En revanche, en dépit de moyens matériels plus souvent dégradés, les agents publics déclarent subir moins de pression et d’interruptions en travaillant depuis chez soi que leurs homologues du privé.

Quel est l’impact du télétravail sur les conditions de travail des agents publics, et quelles populations sont concernées ? C’est à ces interrogations qu’a tâché de répondre le service statistique de la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), dans une étude statistique diffusée ce mardi 24 février.

Il en ressort un premier constat : à peine plus de la moitié des agents publics possédant un emploi compatible avec le télétravail ont effectivement recours à cette pratique. Un chiffre inférieur à celui du privé, où les deux tiers des salariés ont répondu par l’affirmative. La quotité de télétravail est également inférieure dans le public, 65 % des agents publics travaillant un jour ou moins par semaine depuis chez eux contre 48 % dans le privé. Le taux de salariés du privé qui télétravaillent chaque semaine trois jours ou plus est pour sa part deux fois plus élevé (18 %) que dans la fonction publique (9 %).

Autres différences notables : plus de deux télétravailleurs sur cinq sont âgés de plus de 50 ans dans la fonction publique, contre un quart seulement dans le privé. En dépit de cette différence d’âge, les salariés privés qui télétravaillent sont plus souvent cadres (62 %) que leurs camarades du public, ces derniers étant, en revanche, plus nombreux à faire partie des professions intermédiaires (31 % contre 22 % dans le privé).

Moins d’interruption des tâches en télétravail

Au-delà de ces données, l’étude s’intéresse en profondeur aux différences de conditions de travail entre présentiel et télétravail, via plusieurs grands indicateurs, comme le travail sous pression, la prise d’initiative ou encore le contrôle hiérarchique. Selon les chiffres, l’effet positif du télétravail se ressent principalement concernant l’interruption des tâches : 62 % des agents publics estiment qu’elles sont moins fréquentes lorsqu’ils travaillent chez eux. En comparaison, 7 agents publics sur 10 ont répondu devoir fréquemment interrompre leurs tâches sur site.

Dans ce même cadre, une disparité entre public et privé concerne le travail sous pression. 41 % des agents publics ont ainsi déclaré être moins mis sous pression en télétravail, soit 15 points de plus que dans le privé. Une amélioration “qui peut également être associée à un contrôle hiérarchique atténué en télétravail pour 12 % des agents publics et pour 8 % des salariés du privé”, précise la DGAFP. D’autant que l’autonomie dans l’organisation du travail depuis chez soi est considérée comme plus élevée pour 36 % des agents publics ayant répondu à l’enquête. Des données contrastées par un point négatif : dans le public, plus d’un tiers des répondants déclarent que leurs moyens matériels de travail sont détériorés lorsqu’ils télétravaillent.

À partir de ces chiffres, la DGAFP s’est attelée à comparer les catégories de travailleurs. Elle estime par exemple qu’à caractéristiques comparables, les agents publics “ont 1,6 fois plus de chances” de déclarer une amélioration des conditions de travail en télétravail que les salariés du privé. Le chiffre se situe à 1,3 en faveur des femmes par rapport aux hommes, tandis que les agents de 30 à 49 ans ont 1,5 fois plus de chances que ceux de 50 ans et plus de ressentir cette différence positive.

D’autres données témoignent, quant à elles, du lien étroit entre la situation personnelle d’un agent et l’impact plus ou moins fort du télétravail sur l’exercice de ses fonctions. Par exemple, les agents publics qui disposent d’une pièce dédiée au télétravail sont moins interrompus que les autres, et parviennent davantage à concilier vie professionnelle et vie personnelle. C’est aussi le cas pour ceux qui ont des trajets supérieurs à 45 minutes, pour qui le télétravail est davantage facteur d’amélioration des conditions de travail, tout comme pour ceux qui évoluent en open space, en matière de pression et d’autonomie.

ACTEURS PUBLICS : Article le mardi 24 février 2026 & Paul IDCZAK 

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