Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

FONCTIONNAIRES

1 Décembre 2016 , Rédigé par FO Services Publics 51

FONCTIONNAIRES

FONCTIONNAIRES

 

Les raisons d’un «désamour»

 

Sans aller dans le détail des propositions des sept candidats à la primaire de la droite et du centre on peut considérer que quatre millions d’électeurs (tous de droite ?) sont convaincus qu’il est possible, voire souhaitable, de supprimer jusqu’à 500 000 agents publics (pas tous fonctionnaires) si l’on retient la version la plus radicale de ce vaste projet.

Sans aller dans le détail des propositions des sept candidats à la primaire de la droite et du centre on peut considérer que quatre millions d’électeurs (tous de droite ?) sont convaincus qu’il est possible, voire souhaitable, de supprimer jusqu’à 500 000 agents publics (pas tous fonctionnaires) si l’on retient la version la plus radicale de ce vaste projet.

Un véritable camouflet pour l’ensemble de la fonction publique, et plus particulièrement pour la fonction publique territoriale qui participe à hauteur de deux millions d’agents à cette « surpopulation », réelle ou supposée, et dont les missions s’exercent au plus profond des territoires.

Aussi, ne serait-il pas le moment, pour les exécutifs des collectivités territoriales et de leurs établissements publics, de prendre acte de cette sentence, de regarder les choses en face et de faire un bilan de ce qui aurait dû être fait et ne l’a pas été pour éviter que leurs agents fassent l’objet d’un tel discrédit ?

S’agissant, par exemple, des recrutements, les avertissements répétés de la Cour des comptes n’ont jamais été suivis d’effet. Ainsi le développement de l’intercommunalité a généré, contre toute attente, une duplication systématique des postes, les maires reconstituant dans leur commune l’emploi transféré avec sa compétence à l’établissement public de coopération intercommunale.

Lire aussi :

Fonction publique : les effectifs continuent de croître, mais à un rythme plus modéré

Même réticence à l’égard de la mutualisation des missions et des tâches, chaque maire s’efforçant de retenir un policier municipal qu’il rechigne à partager dans le cadre de l’intercommunalité. Les autres niveaux d’administration locale ont eu le même comportement lors des transferts de compétences.

Insouciance des gestionnaires

A vrai dire, et dans tous les domaines, les exécutifs territoriaux ont fait une lecture très personnelle du statut et des textes : durée hebdomadaire du travail à géométrie variable – trop souvent en-deçà de 35 heures -, régimes indemnitaires à la fois trop égalitaires, pour ce qui est des attributions, et trop généreux, pour ce qui est des montants, recrutements déconnectés des besoins réels faute d’une évaluation rigoureuse des objectifs, des effectifs et des moyens, contrôle aléatoire, voire inexistant, des congés maladie, incapacité à prendre des sanctions même en cas de faute grave…

Lire aussi :

Temps de travail : le rapport qui pourrait fâcher les fonctionnaires

On doit à cette insouciance ce qui aurait été un désastre financier pour un grand nombre de collectivités si l’Etat n’était intervenu pour alléger la charge des emprunts toxiques, pourtant contractés par des élus aguerris et des fonctionnaires compétents.

En matière de gestion, on attendait beaucoup des jeunes managers issus de l’Institut national des études territoriales. On ne les pas encore réellement vus à l’œuvre, lorsqu’il s’agit d’instaurer de nouvelles pratiques, plus efficaces et moins dispendieuses. Feront-ils mieux que leurs prédécesseurs ? Ce n’est pas sûr si l’on veut bien se souvenir que les exécutifs territoriaux choisissent leurs plus proches collaborateurs pour leur loyauté, donc leur obéissance, pour ne pas dire leur adhésion à des choix qu’ils ne peuvent dès lors infléchir, quand bien même le risque serait évident.

Investis d’une mission de service public, assurés de conserver un emploi, les agents des trois fonctions publiques ont jusqu’alors évolué sur un « petit nuage», bien adossés à leurs droits statutaires.
 

Un angélisme dont Mme Lebranchu, à l’époque ministre de la fonction publique, a donné un échantillon en affirmant : « je fais confiance aux fonctionnaires », après avoir supprimé le jour de carence. Les bénéficiaires de cette tolérance lui ont immédiatement répondu par une envolée des congés pour maladie ordinaire.

Lire aussi :

Les députés s’attaquent à l’absentéisme des fonctionnaires pour raisons de santé

Abus du principe de libre administration

Tenant compte de ces dérives organisées ou consenties, faut-il s’étonner que la fonction publique soit à ce point discréditée dans l’esprit d’un grand nombre de Français ?

La responsabilité de ce « désamour » revient tout d’abord aux élus locaux, lesquels, usant et abusant du principe de libre administration des collectivités territoriales, ont fait tout, et parfois n’importe quoi, laissant au contribuable local le soin d’effacer les errements, s’il y a lieu.

Les fonctionnaires territoriaux ne sont pas exonérés. Ils ont, en certaines circonstances, failli à leur mission qui consiste à bien conseiller les exécutifs et à bien appliquer leurs décisions.

Toujours promptes à demander plus sans trop se soucier des contraintes budgétaires, les organisations syndicales ont partagé bien des erreurs au niveau national, et couvert bien des illégalités au niveau local, acceptant ce fait détestable que deux fonctionnaires territoriaux appartenant au même cadre d’emplois, ayant le même grade, la même ancienneté, puissent bénéficier d’un traitement différent d’une collectivité à une autre.

C’était à prévoir. Faute d’un minimum de concertation, voire de normalisation, la décentralisation, qui devait être diversité, a versé dans le désordre. Ce désordre, l’administré, l’usager, le contribuable local ne l’acceptent plus aujourd’hui, convaincus que le nombre ne contribue pas nécessairement à la qualité.

Pour les agents publics, c’est un peu plus qu’une déconvenue que de s’entendre dire, dans ces conditions certes particulières, mais tout de même significatives, qu’ils pourraient être moins nombreux tout en faisant mieux.

 

La gazette des communes-Article publié le 24/11/2016 par Auteur associé

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article