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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

SERVICE PUBLIQUE

28 Mars 2018 , Rédigé par FO Services Publics 51

 

Semaine agitée en perspective dans la fonction publique

 

Après leur mobilisation du 22 mars, les syndicats de fonctionnaires attendent de pied ferme des réponses de la part de l’exécutif. Ils ne manqueront pas de rappeler leur opposition à la politique gouvernementale lors des nombreux rendez-vous inscrits à l’agenda cette semaine. Des événements qui promettent d’ores et déjà d’être agités. Passage en revue.

À n’en pas douter, cette semaine s’annonce riche en postures syndicales, joutes verbales et peut-être même en claquages de portes. Conseil commun de la fonction publique le 27 mars, réunion intersyndicale dans la foulée, lancement de la concertation sur la réforme du cadre statutaire des agents publics jeudi 29 : les occasions ne manqueront pas aux représentants du personnel du secteur public pour marquer, une fois de plus, leur opposition à la politique gouvernementale. “Une semaine agitée en perspective”, résume le leader d’une des organisations syndicales ayant appelé à l’action du 22 mars. L’occasion surtout pour ces dernières de relever le défi de la pérennité et de la crédibilité de leurs contestations.

Les 7 organisations signataires de l’appel à la mobilisation (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC-FAE, FA-FP) l’assurent : elles sont remontées “à bloc” et comptent bien maintenir la pression sur l’exécutif pour obtenir des réponses à leurs revendications. Ce serait même une nécessité, selon ces représentants du personnel, qui se sont satisfaits de l’ampleur de la mobilisation du 22 mars. C’est “une nouvelle étape réussie qui en appelle d’autres”, s’est notamment félicitée la CGT.

La hauteur de la mobilisation dans la fonction publique a pourtant été légèrement plus faible que lors de la journée d’action du 10 octobre dernier (l’Unsa et la CFDT avaient alors appelé elles aussi à la mobilisation). Selon le ministère de l’Action et des Comptes publics, le taux de grévistes s’élevait, le 22 mars, à 12,80 % dans la fonction publique d’État et 8,11 % dans territoriale, contre respectivement 13,95 % et 9,5 % l’automne dernier. Seule l’hospitalière a accusé un niveau de participation supérieur à la précédente journée d’action, avec 10,9 % le 22 mars, contre 10,4 % à le 10 octobre [cliquez ici pour consulter notre article : “Le nombre de grévistes en baisse dans la fonction publique”].

Conseil commun mardi après-midi

Quoi qu’il en soit, les représentants du personnel entendent bien marquer le coup cette semaine. Premier rendez-vous : l’assemblée plénière du Conseil commun de la fonction publique, mardi 27 mars, au cours de laquelle seront notamment examinées des dispositions relatives au handicap dans la fonction publique, mais aussi à la valorisation des mobilités entre les secteurs public et privé [cliquez ici pour consulter notre article : “L’exécutif veut pousser les fonctionnaires vers le privé (et les faire revenir)”].

Cette réunion sera notamment l’occasion pour les représentants du personnel de rappeler leur mécontentement quant à la conduite actuelle du dialogue social. “Les documents qui y seront examinés ne nous ont été transmis que la semaine dernière alors que nous étions en pleine préparation de la mobilisation, c’est à la limite du respect”, juge ainsi Denis Turbet-Delof, de Solidaires Fonction publique. Tout comme la CGT et FO, son organisation n’a pas siégé à la réunion préparatoire du Conseil commun, vendredi 23 mars.

Intersyndicale mardi soir

À l’issue de ce conseil commun, les 7 syndicats ayant appelé à la mobilisation le 22 mars se retrouveront ensuite en intersyndicale pour faire le bilan de la journée d’action, mais aussi pour réfléchir aux suites à lui donner. Objectif : inscrire le mouvement dans la durée. La centrale CGT a d’ores et déjà appelé à une journée de mobilisation interprofessionnelle le 19 avril prochain. Force ouvrière, par la voix de son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, a pour sa part indiqué qu’elle n’y participerait pas.    

Cette intersyndicale, “qui s’annonce longue”, selon les termes d’un syndicaliste du secteur public, sera aussi l’occasion pour les représentants du personnel de décider de leur ligne de conduite pour la réunion “plénière” de lancement “officiel” de la concertation sur la réforme du cadre statutaire des agents publics.

Réforme de la fonction publique : lancement officiel jeudi

Initialement prévue la semaine du 12 mars, celle-ci se réunira jeudi 29 mars, sous la présidence du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, et du secrétaire d’État placé à ses côtés, Olivier Dussopt. Selon un représentant du personnel, “cette réunion risque de mal se passer et peut-être même de tourner court” si le gouvernement ne présente pas une “nouvelle mouture” du document d’orientation proposant une “méthode, un projet de calendrier et les objets destinés à nourrir” la concertation, censée durer jusqu’en amont des élections professionnelles du 6 décembre prochain.

Articulé autour de 4 axes (simplification des instances de dialogue social, recours accru aux contractuels, rémunération au mérite et accompagnement des agents pendant leur carrière), ce chantier devrait accoucher de textes législatifs et réglementaires début 2019 [cliquez ici pour connaitre le détail de ces chantiers]. Deux réunions techniques sur ce document ont déjà été organisées par la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), le 13 et le 20 mars. Les arbitrages (éventuels) seront pour leur part connus lors de la réunion “plénière” du 29 mars. Pour l’instant, aucune nouvelle mouture du texte n’a été transmise aux organisations syndicales du secteur public.

Fin de non-recevoir ?

Reste désormais à savoir si les revendications syndicales seront entendues par l’exécutif. Au lendemain de la mobilisation du 22 mars, le secrétaire d’État Olivier Dussopt a indiqué que l’objectif du gouvernement était d’être “à l’écoute” des agents publics et de leurs organisations syndicales et de “répondre à leurs interrogations”. “Cela m’est arrivé quelquefois de manifester, mais j’ai souvent constaté que ce n’était pas la meilleure façon de faire avancer les choses”, a-t-il tempéré sur Canal +.

Le président de la République, Emmanuel Macron, s’est quant à lui montré plus ferme à l’égard des mobilisations et revendications syndicales des fonctionnaires et des cheminots : “Ces contestations ne sont pas de nature à conduire le gouvernement à revenir sur les engagements qui ont été pris durant la campagne et sur ce qui a d’ores et déjà été mis en œuvre”, a lancé le chef de l’État en marge du Conseil européen de Bruxelles le 23 mars. Une fin de non-recevoir, déjà ?

ACTEURS PUBLICS : ARTICLE PUBLIE LE LUNDI 26 MARS 2018 & BASTIEN SCORDIA

 

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