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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

DONNÉES PERSONNELLES

20 Novembre 2019 , Rédigé par FO Services Publics 51

 

“Big data” et services publics :

les Français entre méfiance et confiance

 

Une étude commandée par l’association Occitanie Data révèle l’ambiguïté de la position des Français face à l’exploitation de leurs données par les services publics. 

Curieux, méfiants, indifférents, les Français ? S’agissant de l’exploitation de leurs données, ce serait un peu tout cela à la fois, si l’on en croit les résultats d’un sondage mené sur les “jugements et attentes des Français à l’égard de la gestion des données et de la création d’un « Civic data trust » comme le projet « Occitanie Data »”, en référence à la plate-forme mise sur pied par l’association du même nom - et commanditaire de l'étude - en partenariat avec la région Occitanie pour “développer une économie de la donnée” dans un “cadre de confiance éthique et souverain”. Et ainsi, en principe, garantir une exploitation des données notamment personnelles sans pour autant compromettre la vie privée de leurs détenteurs. 

Le sondage ne se limite toutefois pas aux habitants de la région Occitane et à cette plate-forme en particulier, mais cherche à cerner l’opinion de l’ensemble des Français sur l’exploitation informatique des données en général (big data) pour améliorer ou créer des services. Ainsi, 41 % des sondés se disent inquiets quant à l’utilisation et la circulation des données sur Internet, quand 26 % se disent “curieux” et 7 % “enthousiastes”.

Étonnamment, cette méfiance est encore plus grande lorsque l’on parle de données gérées par des administrations publiques. Ils ne sont alors plus que 18 % à exprimer de la curiosité, et ils sont surtout 47 % à exprimer de l’inquiétude. Cela n’empêche pas de nombreux projets de se lancer, comme la construction du Health Data Hub, la plate-forme nationale des données de santé, ou l’utilisation du data-mining par les services fiscaux pour repérer d’éventuels fraudeurs sur les réseaux sociaux

Méfiance envers l’État

Dans le détail, les sondés accordent pourtant plus facilement leur confiance aux services publics dans la gestion et l’utilisation de leurs données. Le système de santé et la recherche scientifique arrivent largement en tête, puisque 71 % des sondés affirment avoir “assez” ou “tout à fait” confiance en eux. La Sécurité sociale fait bonne figure auprès de 67 % des sondés. Tandis que 64 % font - encore heureux - confiance au gendarme des données personnelles, la Cnil. En revanche, un peu plus de la moitié seulement font confiance au système judiciaire et moins de la moitié (47 %) font confiance à l’État. C’est à peine plus que pour les acteurs privés du commerce en ligne et les opérateurs de téléphonie.

Sans surprise, les réseaux sociaux, eux, sont relégués en bas de tableau avec plus de 78 % de méfiance. Sans surprise non plus, les plus jeunes sont les moins défiants à l’égard des acteurs privés, y compris des réseaux sociaux, tandis que les plus de 65 ans font, eux, beaucoup plus confiance aux acteurs publics comme les hôpitaux, la Sécurité sociale, la Cnil ou les opérateurs. Mais même parmi les seniors, la moitié se disent inquiets quant à l’exploitation des données, personnelles ou non, par l’État. 

Perplexité

À la question de savoir si les Français accepteraient “que des acteurs publics et privés puissent échanger des données et les exploiter afin d’améliorer des services publics, services d’intérêt général, produits et services privés”, les sondés se disent à 52 % “favorables” (dont 10 % “très favorables”). Ils sont toutefois 17 % à se dire tout à fait opposés à de telles passerelles entre public et privé. Et ce quand bien même ces passerelles seraient érigées “sous certaines conditions d’engagements et de contrôles précis au-delà des réglementations actuelles nationales contrôlées par la Cnil [Commission nationale de l'informatique et des libertés, ndlr]”.
Lorsqu’on les interroge sur les bénéfices qu’ils voient dans l’exploitation des données de masse, les sondés estiment qu’elle apporterait d’abord des améliorations dans le champ de la santé, un peu moins sur la qualité des services publics nationaux et locaux (38 %) et moins encore en matière de gestion des finances publiques (32 %), d’éducation, d’efficacité de la justice ou encore de sécurité. La majeure partie reste tout simplement perplexe quant au potentiel offert par l’exploitation des données de masse. Et c’est sans doute sur ce point que les efforts devront être portés par les acteurs publics.

ACTEURS PUBLICS : ARTICLE PUBLIE LE JEUDI 31 OCTOBRE 2019 & EMILE MARZOLF

 

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