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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

MANAGEMENT

28 Janvier 2020 , Rédigé par FO Services Publics 51

Le télétravail, un mode d’organisation fondé

 

Viry-Châtillon (Essonne, 32 000 habitants), a mis en place le télétravail depuis 2013, avec une phase expérimentale préalable. Sur huit cents agents, entre vingt et trente selon les périodes, toutes catégories confondues, autant d’hommes que de femmes, se sont laissé tenter et n’entendent pas revenir à leur emploi du temps antérieur. Lyndia Desnoues, directrice générale des services, répond à nos questions.

Viry-Châtillon a été précurseur dans l’adoption du télétravail. Comment procédez-vous ?

Nous l’avons conçu comme un mode d’organisation supplémentaire du temps de travail, personnalisable et adapté en fonction des tâches. Contrairement à ce qu’on croit, et quelles que soient les fonctions qui lui sont dévolues, chaque agent peut effectuer une partie de ses tâches à distance : une fois par semaine, par mois, par trimestre ou même par an… Par exemple, la personne qui gère les astreintes peut prendre tous les quinze jours une demi-journée à domicile pour concevoir le tableau des astreintes. Les agents du service financier demandent à être en télétravail une fois par an au moment de l’élaboration du budget. Jusqu’aux agents de l’accueil, qui ont eux aussi des tâches de « back-office » qu’ils peuvent effectuer à distance une fois par semaine ou par mois. Huit agents sur dix décomptent leur télétravail sur une journée ; ils sont très peu nombreux à prendre deux jours ou une demi-journée. Par ailleurs, la commune est inondable à 70 % et donc très impactée par les intempéries ; lors des dernières inondations, nous avons donc prévu que les gens puissent signer une convention pour travailler chez eux en cas de difficulté particulière pour se rendre à la mairie.

Les télétravailleurs sont-ils soumis à des obligations particulières ?

Ils doivent signer une convention tripartite avec la collectivité et leur manager, pour formaliser les conditions du télétravail ; les syndicats ont collaboré à son élaboration. Les agents d’un même service s’organisent pour que la continuité de présence à l’accueil soit toujours assurée. Le télétravailleur est doté sur son poste de travail d’un portable qu’il emporte la veille du jour télétravaillé et reste joignable pendant les horaires de service. Il s’engage également à établir un rapport annuel pour pointer les dysfonctionnements ou faire des suggestions. À l’heure actuelle, ces rapports n’émettent aucune réserve…

Vous semblez très satisfaite du télétravail…

En effet, je suis très positive, ça marche très bien et je n’y vois que des atouts. Non seulement, les agents qui le pratiquent sont contents et n’entendent pas l’abandonner mais en outre, il y a un « effet de contagion » dans les services… La productivité est meilleure, les agents travaillent plus vite, produisent leurs documents (mail, notes internes…) beaucoup plus rapidement et ceux-ci sont de meilleure qualité sur la forme. Le fait de devoir passer par l’écrit les incite à être plus attentifs dans les échanges contrairement à ce que l’on peut parfois dire à l’oral : c’est de nature à pacifier les rapports. Les services réinterrogent leur organisation et sont attentifs aux collègues en télétravail : planification des réunions, cahiers de relais…

N’avez-vous pas rencontré de difficultés ?

Passer d’abord par une expérimentation (notamment autour d’impossibilités ponctuelles de mobilité, comme une jambe cassé) nous a permis de démystifier les craintes qu’il pouvait y avoir autour du télétravail. Mais il a tout de même fallu accompagner les managers. Pour les gens qui télétravaillent en continu (reprise après une maladie ou longue maladie), j’émettrais une seule réserve. Pour le télétravail des agents en mobilité réduite temporairement (grossesse difficile, suite d’accidents…), au-delà d’un mois et demi de télétravail, nous commençons à être plus attentifs ; lorsque cela dépasse trois mois, le manager peut être confronté à des interrogations sur la cohésion des équipes au quotidien. Donc, le télétravail en continu a un intérêt mais il doit être limité dans le temps. Petite observation supplémentaire : lorsque les relations avec le manager ne sont pas bonnes, le télétravail n’opère pas de miracle, il ne peut pas régler les différends… C’est pourquoi nous avons désigné une référente RH qui accompagne les managers sur tous les points qui ne peuvent pas être formalisés dans la convention et qu’ils souhaitent verbaliser. Une façon de les inciter à réfléchir pour s’accorder entre eux…

De quoi êtes-vous le plus fière dans ce projet ?

Le télétravail repose sur la confiance mutuelle ; le manager n’est plus un contrôleur mais un superviseur, ce qui permet d’avancer ensemble. De plus, c’est devenu un facteur d’attractivité pour nos recrutements. Et il faut noter que le télétravail a pu se poursuivre sur deux mandatures dans un contexte de changement de tendance politique de la ville aux dernières élections.

 

Comment pensez-vous le faire évoluer ?

Nous envisageons un découpage en heures qui permettrait aux agents d’éviter les embouteillages qui font que les transports prennent trois fois plus de temps. Ils pourraient alors commencer à travailler chez eux, puis s’interrompre pour rejoindre leur lieu de travail aux heures les plus fluides. L’autre piste à laquelle nous réfléchissons, c’est le coworking. Nous disposons d’une ville très bien desservie par les modes de transport et les grands axes transiliens, qui pourraient être utilisés par nos agents ainsi que par les fonctionnaires du département et de la région Île-de-France. Nous souhaitons réfléchir sur ce point avec le conseil régional ou d’autres partenaires…

Article publié le vendredi 17 janvier 2020 & Rédaction Weka –

Propos recueillis par Martine Courgnaud – Del Ry

 

Les syndicats de la fonction publique maintiennent la pression

Réunis devant Bercy mercredi 15 janvier, les représentants des organisations syndicales de la fonction publique (CGT, FO, Solidaires, FSU, FA-FP et CFE-CGC) ont dit leur intention de poursuivre la mobilisation contre la réforme des retraites et d’inscrire le mouvement dans la durée.  

La lutte continue contre la réforme des retraites prévue par le gouvernement. C’est ce qu’ont clamé en chœur 6 organisations syndicales de la fonction publique (CGT, FO, Solidaires, FSU, FA-FP et CFE-CGC), réunies devant Bercy mercredi 15 janvier. Rassemblement où leurs représentants ont de nouveau demandé le retrait du projet de réforme, considéré comme “régressif”. 

“Nous n’allons pas accepter, ni hier ni aujourd’hui, ni demain, une contre-réforme qui, pour la fonction publique, va entraîner des centaines de milliers d’agents à perdre leur départ anticipé avec l’extinction prévue des catégories actives et va aussi entraîner des chutes faramineuses de pension pour les agents”, a ainsi souligné Jean-Marc Canon, de la CGT. 

“Nous irons jusqu’au bout, jusqu’au retrait de ce projet destructeur des solidarités, a poursuivi Gaëlle Martinez, de Solidaires. Non, les fonctionnaires, tout comme les femmes, ne seront pas les grands gagnants de cette réforme, bien au contraire, c’est vers une véritable paupérisation que l’on se dirige.” “Certes, la lutte est longue et difficile, mais il est hors de question que l’on s’arrête”, a ajouté Christian Grolier, de Force ouvrière. 

Mobilisation interprofessionnelle 

Devant les ministères économiques et financiers, les représentants du personnel ont également rappelé “l’importance de la fonction publique dans le cadre de la mobilisation interprofessionnelle”. Un nouvel appel à la mobilisation a d’ailleurs été lancé pour le jeudi 16 janvier et probablement la semaine prochaine. 

“Depuis le début, le gouvernement essaye de nous enfermer dans l’idée que nous serions dans la défense d’intérêts particuliers et catégoriels, a expliqué Benoît Teste, de la FSU. Eh bien non, tous ensemble, nous luttons contre ce projet qui n’est ni bon pour les fonctionnaires ni bon pour les salariés du privé.” “Le gouvernement doit le comprendre, nous allons inscrire le mouvement dans la durée”, a-t-il ajouté, considérant que le statut de la fonction publique était “attaqué”. 

Dialogue social “expéditif”

Une nouvelle fois, les leaders syndicaux se sont aussi dit dubitatifs sur la concertation lancée le 8 janvier par le gouvernement sur les sujets de la pénibilité et de la gestion des fins de carrière dans la fonction publique. Une concertation express puisqu’elle sera clôturée fin janvier-début février. 

“L’exécutif nous démontre encore une fois que son sens du dialogue social est expéditif et unilatéral”, a ainsi estimé Pascal Kessler, de la FA-FP, qui garde notamment en mémoire les discussions sur la réforme de la fonction publique. Même son de cloche du côté de Nathalie Makarski, de la CFE-CGC : “Nous avons l’impression de revivre les méthodes qui ont été employées lors de la préparation de la loi de réforme de la fonction publique. Tout doit être fait au forceps, sans discussion et sans négociation”. “Tous les amendements que nous avons vocation à porter sont déjà voués à l’échec”, s’est-elle agacée. 

Conseil commun du 20 janvier en suspens

Trois organisations syndicales (CGT, FO et Solidaires) ont déjà décliné l’invitation du gouvernement à participer aux réunions bilatérales sur la pénibilité. Et ce, explique Christian Grolier (FO), en raison notamment “du seul postulat proposé par le gouvernement, à savoir la suppression inacceptable des catégories actives”. 

À noter, par ailleurs, que la tenue du Conseil commun de la fonction publique prévu lundi 20 janvier pour examiner les projets de loi “Retraites” est en suspens. Plusieurs organisations présentes devant Bercy ce 15 janvier hésitent en effet à s’y rendre. En cas d’absence de quorum, le Conseil commun ne pourra pas se tenir et devra être reconvoqué. Peut-être même avant la présentation des textes de la réforme en Conseil des ministres, le 24 janvier.

ACTEURS PUBLICS : Article publie le mercredi 15 janvier 2020 & BASTIEN SCORDIA

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