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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

FINANCES PUBLIQUES

15 Juillet 2025 , Rédigé par FO Services Publics 51

Revalorisations salariales, effectifs… La fonction publique a fait grimper la dépense en 2024

Dans son nouveau rapport sur la situation des finances publiques, la Cour des comptes pointe une nouvelle “dérive budgétaire”. Le creusement du déficit s’explique notamment par la forte progression du “cœur” de la dépense publique et en particulier par la croissance de la masse salariale de la fonction publique.

La Cour des comptes tire à nouveau la sonnette d’alarme sur la situation des finances publiques. Dans un rapport publié ce mercredi 2 juillet, la Rue Cambon pointe une nouvelle “dérive budgétaire”. La dégradation des finances publiques s’est en effet poursuivie en 2024, avec un déficit public atteignant 5,8 points de PIB. Un chiffre en hausse de 0,4 point par rapport à 2023 et de 1,4 point par rapport à la prévision initiale de l’exécutif.

“Après une déjà très mauvaise année 2023, cette nouvelle dérive est encore plus préoccupante”, critiquent les magistrats. Et, selon eux, “elle ne doit rien à des circonstances extérieures”. À leurs yeux, cette dérive budgétaire “est la conséquence d’une incapacité à maîtriser la dynamique de la dépense et plus encore à engager des efforts d’économies pérennes”. Les magistrats regrettent aussi des hypothèses “trop favorables” sur la croissance et les recettes.

Forte progression du “cœur” de la dépense

Surtout, tonne la Cour, si les mauvais résultats de 2023 “pouvaient être attribués pour l’essentiel à des recettes plus basses que prévu”, c’est la progression du “cœur” de la dépense publique qui “joue le premier rôle” dans la dégradation des finances publiques en 2024. Ce “cœur” de la dépense – à savoir la dépense hors mesures exceptionnelles et hors charge de la dette – “a été le principal facteur de creusement du déficit en 2024 et ne présente qu’un ralentissement limité en 2025”, développe l’institution.

Une fois retirées donc les dépenses exceptionnelles de soutien aux crises sanitaires et inflationnistes ou les charges d’intérêt sur la dette, la dépense publique a ainsi progressé de 73,1 milliards d’euros en 2024, soit une hausse de 4,8 % en valeur, c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation. Une fois retirée de l’inflation, c’est-à-dire en volume, la hausse est de 2,7 %. Soit la plus forte progression enregistrée au cours de la décennie.

Selon la Rue Cambon, cette forte hausse des dépenses s’explique “pour plus de 50 %” par les prestations sociales, et notamment leurs revalorisations sur l’inflation. Ces prestations ont crû ainsi de 5,5 % en valeur et de 3,1 % en volume. Le reste de la hausse résulte quant à elle principalement du “dynamisme” de l’investissement local en raison du fameux “cycle électoral” (+ 5,3 % en valeur et + 3,2 % en volume) mais aussi de la croissance de la masse salariale.

Sur l’ensemble des administrations publiques, les dépenses de masse salariale ont en effet augmenté de 15,9 milliards d’euros en 2023. Soit une hausse de 4,6 % en valeur et de 2,4 % en volume. “Cette progression est plus de deux fois supérieure à l’inflation et résulte pour une part d’une hausse de l’emploi salarié dans la fonction publique mais essentiellement des mesures de revalorisation salariale”, soulignent les magistrats, en précisant que cette dépense de masse salaire est “tirée” par l’Etat.

Le poids des revalorisations salariales

La Rue Cambon relève ainsi notamment l’impact “en année pleine” de l’augmentation de 1,5 % de la valeur du point d’indice au 1ᵉʳ juillet 2023 (+ 0,7 milliard d’euros de coût) et des différentes mesures catégorielles décidées en 2023 (+ 3,6 milliards), avec en particulier l’attribution de 5 points d’indice majoré à tous les agents publics à partir de janvier 2024. Les différentes mesures indemnitaires exceptionnelles comme les “primes JO” ont également eu impact de l’ordre de 0,6 milliard d’euros.

Quant aux effectifs, ceux de l’État ont augmenté en 2024 de 6 719 ETPT (équivalents temps plein travaillés). Soit un coût supplémentaire de 0,5 milliard d’euros, “alors qu’en 2023, l’effet sur la masse salariale du schéma d’emplois était légèrement négatif (- 49 millions)”, précisent les magistrats. Au total, cet effet “volume” des effectifs “justifie” environ 5 % de la hausse totale de la masse salariale en 2024. Les facteurs de la croissance de la masse salariale des sphères sociale et locale “ne sont pas encore connus” néanmoins, explique la Cour. La hausse de ces dépenses reste malgré tout moins élevée dans la sphère locale (+ 3,3 % en volume) et sociale (+ 3,2 %) qu’à l’État (+ 6,7 %).

Le panorama dressé par la Cour des comptes devrait en tout cas conforter l’exécutif dans sa volonté de mettre la fonction publique au régime sec dans la perspective du budget 2026. Cette année, déjà, le gouvernement Bayrou compte en effet limiter la hausse de la masse salariale à 1,5 % en circonscrivant sa croissance au seul effet du “GVT” (glissement vieillesse technicité). Il veut aussi limiter au strict minimum les mesures catégorielles de revalorisation des agents publics et réduire le nombre de postes dans la fonction publique. “S’il y a des mesures catégorielles, elles sont financées par des réductions d’effectifs”, a déclaré la ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin, mi-juin. “La tendance qui consiste à augmenter inexorablement le nombre de fonctionnaires est mauvaise pour les fonctionnaires en poste, a-t-elle abondé ce mercredi 2 juillet. Ça affaiblit la fonction publique puisque ça la paupérise.”

 ACTEURS PUBLICS : Article publié le mercredi 02 juillet 2025 & Bastien SCORDIA

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