Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

REMUNERATIONS

17 Mars 2026 , Rédigé par FO Services Publics 51

Dans la fonction publique territoriale, les femmes gagnent moins… sauf dans le top 10 des rémunérations

Dans la fonction publique territoriale, les inégalités salariales entre hommes et femmes restent une réalité tenace. Une nouvelle étude, fondée sur les rapports sociaux uniques des collectivités, révèle que les femmes gagnent en moyenne 7 % de moins que leurs collègues masculins, avec des écarts persistant dans toutes les filières et catégories hiérarchiques, y compris sur les primes et les heures supplémentaires. Seule exception notable : parmi les 10 plus hautes rémunérations, les femmes tirent leur épingle du jeu.

 

Alors que la DRH de l’État a publié en début de semaine ses derniers chiffres sur les écarts de rémunération entre fonctionnaires hommes et femmes dans les ministères, le centre interdépartemental de gestion (CIG) de la petite Couronne, en partenariat avec la Fédération nationale des centres de gestion (FNCDG) et l’association nationale des directeurs de la fonction publique territoriale (ANDCDG), s’est plongé dans les rapports sociaux uniques (RSU) des collectivités territoriales afin de prendre le pouls de l’égalité – ou plutôt des inégalités – salariales au sein des collectivités.

Si, en 2025, au sein des ministères, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes fonctionnaires s’élevait à 9,8 % – en recul de 5 points en dix ans – , le salaire brut annuel des femmes dans les collectivités est inférieur de 7 % en moyenne à celui des hommes. Les femmes gagnent ainsi 31 938 euros bruts sur l’année, contre 34 079 euros pour leurs homologues masculins.

Des écarts dans toutes les filières de la territoriale

En neutralisant les effets de quotité de travail avec, notamment, le temps partiel qui concerne davantage les femmes, les écarts persistent. Ils sont observés dans toutes les filières et catégories hiérarchiques de la fonction publique territoriale, les hommes percevant systématiquement une rémunération supérieure à celle des femmes.

Les écarts les plus significatifs se situent en catégorie A. À titre d’exemple, dans la filière médico-sociale, les hommes gagnent presque 10 000 euros de plus que les femmes par an. Aussi, des différences importantes persistent dans la filière administrative – 4 880 euros de moins pour les femmes – , ainsi que dans la filière technique, où la présence d’emplois fonctionnels contribue à accentuer les différences.

Des inégalités face aux points de prime

Au sein des collectivités, les hommes sont également favorisés en ce qui concerne les primes. En 2023, les primes représentaient ainsi 21 % de la rémunération annuelle des hommes, contre 18 % de celle des femmes. La filière incendie-secours, bastion masculin, est celle où les primes représentent la part la plus élevée de la rémunération, tous genres confondus (34 %). À l’inverse, les filières animation et sociale, très féminisées se caractérisent par les proportions de primes les plus faibles. Aussi, au sein même des filières, des écarts genrés persistent. Dans la filière technique, les hommes perçoivent en moyenne 3 points de primes supplémentaires par rapport aux femmes, et dans la filière administrative, cet écart atteint 4 points en faveur des hommes. Dans la filière sociale, très féminisée, l’écart est encore plus marqué, avec 5 points de plus pour les hommes.

L’analyse met aussi en avant un accès aux heures supplémentaires majoritairement masculin. En 2023, les hommes fonctionnaires ont perçu en moyenne 175 euros bruts de plus que les femmes au titre des indemnités horaires pour travaux supplémentaires. De même, parmi les contractuels sur emploi permanent, les hommes ont bénéficié d’un écart moyen de 120 euros bruts en leur faveur par rapport aux femmes pour ces mêmes indemnités.

Un constat encourageant

Petite éclaircie néanmoins en ce qui concerne les 10 plus hautes rémunérations autour desquelles les femmes semblent tirer leur épingle du jeu. Il y a certes moins de femmes qui y figurent, mais elles sont mieux rémunérées. Pour rappel, les collectivités et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre de plus de 40 000 habitants doivent renseigner la masse salariale brute annuelle cumulée des 10 rémunérations les plus élevées chaque année dans le RSU et la publier sur leur site Internet. En 2023, on recensait alors 5 725 femmes et 6 224 hommes, soit un taux de féminisation de 48 %, mais les femmes percevaient une rémunération annuelle supérieure de 9,7 % à celle des hommes. La rémunération moyenne des femmes était ainsi de 119 993 euros, contre 109 375 euros pour les hommes. Un constat encourageant dans la lutte contre les inégalités salariales dans la fonction publique.

ACTEURS PUBLICS : Article publié le vendredi 06 mars 2026 & Marie MALATERRE  

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article