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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

REMUNERATIONS

10 Mars 2026 , Rédigé par FO Services Publics 51

Rémunérations dans la fonction publique : la ségrégation des corps reste le premier obstacle à l'égalité professionnelle

La DRH de l'État a publié ses derniers chiffres sur les écarts de rémunération entre fonctionnaires hommes et femmes dans les ministères. En 2025, les femmes perçoivent en moyenne 410 euros de moins par mois que leurs collègues masculins, soit un écart de 9,8 %, en recul de cinq points en dix ans. Des inégalités qui restent toutefois moins prononcées que dans le secteur privé, et dont l'origine principale demeure la ségrégation des corps, malgré une progression sensible des femmes dans les emplois les mieux rémunérés.

À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, qui se tiendra le 8 mars prochain, la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) vient de publier les derniers chiffres concernant les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes fonctionnaires dans les ministères. À noter également que la directive européenne relative à la transparence des rémunérations doit être transposée dans la fonction publique d’ici au 7 juin prochain. Le texte impose notamment de nouvelles règles aux employeurs destinées en premier lieu à renforcer l’efficacité de l’évaluation des écarts de rémunération.

L’année dernière, dans les ministères, les femmes fonctionnaires ont perçu une rémunération brute de 3751 euros par mois, inférieure de 410 euros à celle des hommes, soit une différence de 9,8 %. Un écart qui se réduit de 5 points en dix ans car en 2015, les femmes fonctionnaires dans les ministères gagnaient en moyenne près de 15 % de moins que les hommes.

À l’image des années précédentes, une partie de la différence de salaire relève du temps de travail, les femmes – plus souvent en temps partiel – travaillent moins que les hommes sur l’année. En équivalent temps plein (EQTP), en annulant ces différences de volumes de travail, l’écart diminue, mais il reste significatif, soit 8,1 % en 2025. Il a néanmoins baissé en dix ans puisqu’il s’élevait à 12,1 % en 2015.

Une autre tendance se confirme selon laquelle les écarts de rémunération persistent car les femmes et les hommes fonctionnaires n’exercent pas les mêmes métiers. L’étude de la DGAFP met même en avant que, même au sein d’un même corps, ils continuent d’occuper des grades ou des échelons différents. En d’autres termes, à emploi comparable, la différence de rémunération en EQTP entre les hommes et les femmes est nettement plus faible, soit 2,1 % l’année dernière.

Des écarts moins marqués que dans le secteur privé

Dans le secteur privé, en 2024, le revenu salarial net moyen des femmes était inférieur de 21,8 % à celui des hommes. À temps de travail identique, l’écart était de 14 %. Si l’on compare un homme et une femme exerçant la même profession au sein de la même structure, la différence de salaire en EQTP chutait à 3,6 %.

Sur la même période, parmi les fonctionnaires dans les ministères, les écarts de rémunération brute entre les hommes et les femmes étaient de 10,6 %, de 8,8 % à temps de travail identique et de 2,2 % à emploi comparable. Au final, les écarts de rémunération sont moins marqués chez les fonctionnaires des ministères que dans le secteur privé.

Les chiffres publiés par la DGAFP mettent aussi en avant qu’en 2025, le temps de travail des agents, et particulièrement le recours plus fréquent au temps partiel chez les femmes, explique 68 euros des 410 euros d’écarts de rémunération mensuelle brute chez les fonctionnaires au sein des ministères. Entre 2015 et 2025, le fait que les femmes travaillent davantage qu’il y a dix ans réduit l’écart de rémunération chez les femmes fonctionnaires. Elles sont de moins en moins souvent à temps partiel.

Sans tenir compte de l’effet temps de travail, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes dans les ministères s’élève encore à 342 euros. Selon l’administration, la moitié de ce montant s’explique par l’effet de ségrégation des corps, soit le fait que les femmes et les hommes occupent des corps de la fonction publique différents dont les salaires peuvent varier car ils ne font pas les mêmes métiers. Les hommes sont davantage présents dans les emplois les mieux payés.

Entre “effet démographique” et “effet primes”

Pour autant, entre 2015 et 2025, la part expliquée par cet effet baisse de 12,7 points en raison d’une progression des femmes dans les emplois les plus rémunérateurs. Par exemple, dans les emplois de fonctionnaires, on compte 40 % de femmes en 2025, contre 33 % en 2015.

Deux autres facteurs expliquent l’écart de rémunération à temps de travail égal. Le premier, l’effet démographique, met en avant les différences de rémunération entre les femmes et les hommes au regard de leur répartition dans les différents grades et échelons dans chaque corps. Le second, l’effet primes, qui correspond à l’écart de salaire à emploi comparable, même corps, même grade, même échelon.

La DGAFP observe également qu’en 2025, l’effet lié à la différence de temps de travail entre les hommes et les femmes baisse à mesure que le niveau hiérarchique augmente. Autrement dit, dans la catégorie C, les femmes sont à 17 % à temps partiel et sont même 27 % à y avoir recours chez les agents administratifs des finances publiques, contre 10 % des hommes. Dans la catégorie B, cet effet s’élève à 19 %.

À temps de travail comparable, la rémunération des femmes reste pourtant inférieure à celle des hommes, quelle que soit la catégorie hiérarchique. C’est parmi les fonctionnaires de catégorie A, hors enseignants, que l’écart est le plus important, à 11,4 %.

ACTEURS PUBLICS : Article publié le lundi 02 mars 2026 & Marie MALATERRE

 

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