Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

TEMPS PARTIEL

30 Mars 2026 , Rédigé par FO Services Publics 51

Accès au temps partiel : le talon d'Achille de la retraite progressive dans la fonction publique

Une nouvelle réunion de la conférence Travail-Emploi-Retraite s'est tenue vendredi 13 mars. Un troisième rendez-vous marqué par des échanges nourris mais encore peu conclusifs. Au menu des discussions : un premier bilan de la retraite progressive dans la fonction publique, deux ans après son introduction par la réforme de 2023. Si les chiffres témoignent d'une forte hausse des demandes, les zones d'ombre restent nombreuses, notamment sur l'accès au temps partiel, condition sine qua non du dispositif.

Le vendredi 13 mars s’est tenu le troisième rendez-vous de la conférence Travail-Emploi-Retraite (TER), une initiative gouvernementale mêlant acteurs et organisations syndicales des secteurs public et privé.

Un dispositif qui s’inscrit dans un calendrier incertain et dont il est encore difficile de tirer des propositions concrètes. “Nous échangeons, certes, sur des documents de qualité et des thématiques importantes pour la fonction publique, mais on a du mal à voir où tout cela va nous mener, exprime une représentante syndicale. L’enjeu est d’être attentif à ce que ne s’installe pas un discours basé sur des réalités qui ne correspondent pas au quotidien des agents.”

Le 13 mars a été l’occasion pour les participants d’échanger autour de la question des retraites progressives dans la fonction publique et de présenter un premier bilan. “Nous avons pu constater que le dispositif suscite beaucoup d’attentes, notamment en matière de droit à l’information des agents et aussi sur le passage ou non au temps partiel en fonction des contraintes de services”, a expliqué Richard Bordignon, directeur du groupement d’intérêt public (GIP) Union retraite.

Pour rappel, la retraite progressive a été introduite pour les agents publics par la réforme des retraites de 2023. Le dispositif leur permet, en fin de carrière, de percevoir une partie de leur retraite tout en continuant à exercer une activité professionnelle à temps partiel. Pour être éligible à la retraite progressive, l’agent public doit exercer son activité à temps partiel ou le demander, sachant que les quotités de travail doivent être comprises entre 50 et 90 % d’un temps complet, être à deux ans ou moins de l’âge d’ouverture des droits à la retraite et enfin avoir 150 trimestres de durée d’assurance. L’agent touche alors une pension égale à ses droits en proportion de la quotité travaillée.

Dans le cadre d’un rapport sur l’allongement de la vie professionnelle des agents publics de l’État, la Cour des comptes estimait, en 2024, que le nombre d’agents éligibles à la retraite progressive était estimé à 124 000 avec un recours très inégal selon les administrations.

D’après les données partagées lors de la conférence TER et issues de la Caisse des dépôts, le nombre de demandes de retraite progressive reçues et liquidées par le Service de retraite de l’État était de 7 313 en 2024, et de 7 224 en 2025. À noter au total 1 544 refus de droits, car les assurés ne justifiaient pas des conditions requises.

Aussi, au 7 janvier 2026, il y a eu, au total, 18 236 demandes de retraites progressives, mais toutes ne sont pas encore liquidées. Les refus représentent 8,52 % du total des demandes reçues et traitées par le Service de retraite de l’État.

Un dispositif qui reste difficile à mobiliser

Pour rappel, la retraite progressive est un droit dès lors que le fonctionnaire en remplit les conditions. C’est le temps partiel, l’une des conditions de la retraite progressive, qui peut être soumis à autorisation. Le temps partiel peut également être de droit pour certains motifs, mais les refus de droits enregistrés par les régimes ne permettent pas de connaître les refus de temps partiel qui ont pu intervenir préalablement.

“Le premier bilan fait état d’une hausse de demandes de retraite progressive mais ne renseigne pas sur les passages à temps partiel et la manière dont ils sont accordés par l’employeur, confirme Richard Bordignon. Il y a une demande de clarification sur ce sujet : pour les organisations syndicales, la notion de contrainte de service n’était pas suffisamment explicite.” Une question qui se pose d’autant plus dans les services à forte tension en matière de recrutement. Si l’accès au temps partiel est soumis à l’autorisation de l’employeur pour des raisons d’intérêt du service, peu d’agents pourraient alors en bénéficier.

Autre limite mise en avant dans le cadre des échanges, la possibilité pour les agents de demander la retraite progressive à partir de 60 ans, présentée comme une avancée, mais qui se confronte à une autre réalité. Celle de comptabiliser 150 trimestres avant l’âge de 60 ans. “Il faudrait avoir commencé à travailler à 21 ou 22 ans, ce qui, du fait de l’allongement des durées d’études, même si c’est une bonne chose, est de plus en plus rare”, explique une source syndicale.

Les débats ont également porté sur les catégories actives avec l’ouverture d’un droit au départ anticipé sous condition de durée de service, avec également de nouvelles mesures introduites par la réforme des retraites de 2023. Un dossier sur lequel il a notamment été évoqué la nécessité de retravailler autour de la prise en compte de la pénibilité.

 ACTEURS PUBLICS : Article publié le lundi 16 mars 2026 & Marie MALATERRE

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article