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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

ADMINISTRATION

13 Mai 2017 , Rédigé par FO Services Publics 51

ADMINISTRATION

3 à 8 % des emplois publics

sont potentiellement automatisables

 

Pour accélérer la transformation numérique de l’administration, le cabinet de conseil Roland Berger appelle à “la fécondation mutuelle” entre start-up et puissance publique. Dans un rapport publié le 11 mai, il estime qu’entre 40 000 et 110 000 postes d’agents publics seront affectés à court terme par l’automatisation.

 

Plus personne ne peut le nier : transformation numérique et performance de la fonction publique sont les deux faces d’une même pièce. Sauf que les écosystèmes numériques restent encore loin de l’élaboration des politiques publiques, relève le cabinet de conseil Roland Berger, dans un rapport publié le 11 mai.

“À l’heure d’une défiance qui s’accentue entre les citoyens et le corps politique, il nous semble indispensable que l’univers de la « disruption » (les start-up) et celui de la « régulation » (la puissance publique) se fécondent mutuellement, s’enrichissent de leurs expériences et participent à l’éclosion d’une nouvelle manière de concevoir, de conduire et d’évaluer les politiques publiques”, expose le cabinet Roland Berger.

Il faut “faire plus, plus vite et plus ambitieux et construire au côté d’Etalab – en s’appuyant sur son retour d’expérience – une plate-forme d’accélération « hors les murs »”, avance le rapport. Car l’écosystème des start-up qui améliorent les services publics et remodèlent les politiques publiques existe, mais demeure embryonnaire.

Fertile terreau de start-up

Cette plate-forme d’accélération aurait trois missions : “accompagner les créateurs d’entreprise attirés par le bien public” et les mettre en relation avec les administrations, les agences de l’État et les établissements publics ; “identifier les pépites”, créer les conditions d’une collaboration gagnant-gagnant avec les acteurs publics et faciliter le passage à l’échelle ; “financer le développement de l’écosystème” en partageant avec les start-up la valorisation des externalités et les économies de dépense publique.

Pour commencer, l’administration doit “encourager les précurseurs”, qui peuvent “bonifier les politiques publiques”. L’administration doit “s’appuyer sur le terreau fertile des x-techs (public tech, civic tech, etc.) qui ont fleuri sur le territoire”, à l’image de la start-up Fluicity –application à destination des mairies, sous forme d’une interface fluide et interactive, munie d’un agenda collaboratif, d’informations géolocalisées et personnalisées pour chaque citoyen –, illustre le rapport.

Nouvelles missions, nouveaux métiers

Selon le cabinet Roland Berger, 40 000 à 110 000 postes d’agents publics (soit 3 à 8 % des fonctionnaires d’État) devraient à court terme être impactés par l’automatisation née de la transformation numérique. Les plus “exposés” sont les personnels administratifs et techniques, les secrétaires administratifs, les contrôleurs et techniciens et les adjoints administratifs et techniques.

Loin de faire table rase, cette automatisation aurait une conséquence positive, affirme le cabinet de conseil : celle de “redéployer des missions et de renouveler des métiers”. Au titre des missions nouvelles, Roland Berger cite la conduite de grands projets de transformation des conditions et outils de travail, mais aussi la gestion de projets digitaux de grande ampleur. De plus, comme dans le secteur privé, de nouveaux métiers apparaissent aussi dans l’administration, tels développeur d’applications Web, community manager, designer d’expérience, ou encore data miner, énumère le rapport.

Les 4 défis de la DGAFP

Ce qui pose 4 défis à la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) et aux DRH des administrations et opérateurs de l’État : d’abord, une programmation de la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC) agile, qui intègre des volets de formation et d’adaptation des emplois “plus développés que par le passé”. Le déploiement d’un “effort sans précédent de recrutement de nouvelles compétences” est nécessaire “pour s’adapter au rythme très élevé d’adoption des nouvelles technologies par les citoyens”, prévient le cabinet de conseil.

Roland Berger préconise ensuite d’engager une transformation progressive des modes de “management” avec notamment “l’introduction de nouveaux équilibres entre télétravail et travail posté, la recherche d’une plus grande transversalité et la promotion de modes de travail plus collaboratifs”.

Le troisième défi tient à la constitution d’une fonction publique ouverte sur l’extérieur, capable d’innover et de travailler avec des partenaires plus nombreux et plus variés (associations, société civile, écosystème de start-up, etc.), dans des logiques d’innovation ouverte. Enfin, dernier défi : “l’élaboration d’un programme complet de conduite du changement permettant tout à la fois d’anticiper les risques associés à ces bouleversements, de préparer les agents à une nouvelle façon de remplir leur mandat et de communiquer sur les bénéfices attendus de ces évolutions”. Tout un programme pour un futur ministère de la Réforme de l’État.

 

ACTEURS PUBLICS : article publie le jeudi 11 MAI 2017 & SOAZIG LE NEVÉ

 

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