Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

ABSENTEISME

28 Novembre 2017 , Rédigé par FO Services Publics 51

ABSENTEISME

Le taux d’absentéisme des fonctionnaires territoriaux en hausse de 28 % depuis 2007

Selon une étude du courtier en assurance Sofaxis, présentée mercredi 15 novembre, le taux d’absentéisme des agents des collectivités atteignait 9,5 % en 2016, après 9,3 % en 2015. Les trois quarts des fonctionnaires absents le sont pour “maladie ordinaire”.

L’absentéisme pour raison de santé continue sa progression dans les collectivités. L’année dernière, le taux d’absentéisme des agents territoriaux atteignait ainsi 9,5 %, contre 9,3 % en 2015. C’est ce que révèle la dernière édition du “Panorama des absences au travail” réalisée par Sofaxis et dévoilée mercredi 15 novembre. Le moyen pour le courtier en assurances d’appeler les employeurs locaux à agir en faveur de “l’employabilité durable des agents” en actionnant les “bons” outils de pilotage et de prévention, notamment la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC).

Toutes natures d’absences confondues, ce taux progresse “globalement” de 28 % depuis 2007, précise l’étude, basée sur un échantillon de 428 339 agents affiliés à la Caisse nationale des retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) et répartis dans 18 431 échelons [cliquez ici pour consulter l’étude]. Aucune précision n’est néanmoins donnée sur la répartition précise par strates territoriales.

Pour les seuls accidents de travail, la croissance atteint 53 % entre 2007 et 2016, contre + 44 % pour les absences pour “maladie ordinaire”, + 15 % pour les congés de “longue maladie/longue durée”. Sur la même période, les absences pour “congés maternité enregistrent quant à elles une baisse de 18 %, “expliquée en partie par le vieillissement de la population”.

Congés maternité pris en compte

À la différence par exemple du benchmark “absentéisme” réalisé par l’Association des directeurs des ressources humaines des grandes collectivités (ADRHGCT), Sofaxis intègre en effet les congés maternité dans le périmètre de son “Panorama”. Dans son baromètre publié en août dernier, établi grâce aux remontées de 165 collectivités représentant 314 000 agents, l’ADRHGCT tablait sur un taux d’absentéisme des fonctionnaires territoriaux de l’ordre de 8,2 % en 2016, contre 7,85 % en 2015 [cliquez ici pour consulter notre article sur le sujet]. Hors congés maternité, le taux d’absentéisme est estimé à 8,8 % en 2016 par Sofaxis. Des chiffres qui diffèrent donc un peu entre les deux études.

Les tendances et les niveaux d’absentéisme sont comparables, tempère Pierre Souchon, directeur du département « Ingénieries et services » du courtier en assurances. La question de l’intégration dans notre Panorama des congés maternité a fait débat entre nous mais il aurait été difficile de ne pas traiter cet enjeu qui, du point de vue de l’employeur, a un coût et des impacts sur l’organisation au même titre qu’un agent malade”.

37 jours d’arrêts par an

Dans le détail, la maladie ordinaire était le premier contributeur des absences au travail pour raisons de santé dans les collectivités l’année dernière. Selon Sofaxis, elle atteignait à elle seule près de la moitié du taux d’absentéisme total, soit 46 % contre 32,6 % pour les congés de “longue maladie/longue durée”, 13,7 % pour les accidents de travail et 7,3 % pour les congés maternité.

En 2016, la maladie ordinaire représentait aussi les trois quarts des agents absents. En effet, 75 % des agents s’étant arrêtés au moins une fois en 2016 étaient absents pour cause de maladie ordinaire. Au total, 44 % d’agents territoriaux ont été absents au moins une fois l’année dernière et ce, quelle que soit la nature des absences.

Quant à la durée moyenne des arrêts, celle-ci atteignait 37 jours toutes natures d’arrêts confondues. La “maladie ordinaire” constitue bien sûr la nature d’absence présentant la durée moyenne d’arrêt la plus faible, avec 21 jours “car constituée majoritairement d’arrêts courts”. En revanche, en congé de “longue maladie/longue durée”, l’absence était en moyenne de 255 jours, tandis qu’elle était de 59 jours pour les absences pour accidents de travail et de 101 jours pour les congés maternité.

Poids de la pyramide des âges

Plusieurs facteurs explicatifs à cette hausse de l’absentéisme sont avancés par le courtier en assurance. Tout d’abord, le poids d’un effectif territorial “vieillissant”, l’âge moyen des agents territoriaux ayant en effet crû de 2,5 ans en dix ans pour atteindre 46,7 ans en 2015. Ainsi, entre 2006 et 2016, la part des agents absents tend à diminuer pour les moins de 45 ans (43,4 % du total des absences contre 47,8 % en 2006), alors qu’elle augmente pour les plus de 45 ans. Les agents territoriaux âgés de 46 à plus de 55 ans représentaient ainsi, en 2016, 56,6 % de l’ensemble des agents absents, contre 52,2 % dix ans plus tôt.

Travailler plus longtemps sur des postes à pénibilité forte accentue le risque d’usure professionnelle, précise l’étude. Or la filière technique est prépondérante dans la fonction publique territoriale.” En 2015, cette filière rassemblait près de la moitié (47 %) des effectifs de l’ensemble des collectivités.

Aux yeux de Sofaxis, les contraintes budgétaires pesant sur les collectivités influeraient également sur les problématiques d’absentéisme des agents territoriaux. Les dépenses de personnel “resserrées infléchissent les politiques de recrutement”,souligne l’étude. L’occasion pour le courtier de citer la dernière enquête « HoRHizons 2017 » réalisée par les associations d’élus, le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) et la Fédération nationale des centres de gestion (FNCDG). Selon cette étude, près d’un employeur sur 5 prévoyait de ne remplacer aucun départ cette année.

2 099 euros par agent en moyenne

Le Panorama de Sofaxis se penche également sur le coût direct des absences pour raison de santé, qui s’élevait en moyenne à 2 099 euros par agent employé l’année dernière (+ 1,6 % par rapport à 2015). Sur la base de données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le courtier estime à 28 528 euros le coût moyen des arrêts de longue maladie en 2015, à 65 424 euros ceux des arrêts de longue durée, à 3 370 euros pour les accidents du travail et à 1 148 euros pour les absences pour “maladie ordinaire”.

Le rapport entre la durée et le coût direct des absences pour maladie ordinaire fait néanmoins apparaître des réalités “très différentes”. Si les arrêts d’un jour représentent 10,2 % du nombre d’arrêts pour maladie ordinaire, ils ne génèrent “que” 0,1 % du coût total de cette nature d’absence. D’un autre côté, les arrêts de 31 à 90 jours, “pas sensiblement plus nombreux (10,8 %)”, totalisent à eux seuls plus de 40 % du coût total des arrêts pour maladie ordinaire.

Pour apprécier l’ensemble des coûts engendrés par les absences, “il convient aussi d’apprécier ceux, indirects, relatifs à la désorganisation, à la gestion des absences et à la dégradation du service rendu aux usagers”, souligne Pierre Souchon. L’occasion pour le courtier en assurances d’évoquer des coûts indirects représentant “un engagement plusieurs fois supérieur à celui des coûts directs”, sans toutefois en évaluer l’importance.

ACTEURS PUBLICS : ARTICLE PUBLIE LE MERCREDI 15 NOVEMBRE 2017 &  BASTIEN SCORDIA

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article