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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

EMPLOIS PUBLICS

8 Juillet 2019 , Rédigé par FO Services Publics 51

 

Répartition des emplois publics : pas de désavantage marqué

pour les zones les moins denses

 

La distinction entre emploi “local” et “non local” fait apparaître des phénomènes “contrastés” en matière de répartition territoriale des emplois publics, explique France Stratégie dans une note publiée le 27 juin. Pour l’organisme gouvernemental, au-delà du transfert “en bloc” de certains services annoncé par le gouvernement, la réallocation en province d’emplois publics “pourrait se poursuivre au fil des départs à la retraite prévisibles dans les années à venir”. 

Les emplois publics sont-ils véritablement inéquitablement répartis sur le territoire ? C’est à cette question qu’a tenté de répondre France Stratégie dans une note publiée jeudi 27 juin. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’analyse de ce think tank placé auprès du Premier ministre bat en brèche un certain nombre d’idées reçues. Les déserts ruraux ne sont en effet pas si désavantagés et sous-administrés que ce qui ressort du débat public et notamment du récent “grand débat national”. 

Pour établir leur cartographie, les auteurs de cette note ont opéré une distinction entre deux types d’emplois publics. D’abord l’emploi public “local” (4,5 millions de postes environ), qui produit un service “uniquement ou très majoritairement”en direction des usagers de sa zone d’emploi. L’emploi public “non local”, ensuite, (1,3 million de postes environ) : soit la défense, la justice, l’enseignement supérieur et la recherche, les directions locales ou centrales des ministères, les sièges des collectivités territoriales. 

Phénomènes “contrastés”

Certes, le taux d’administration (à savoir le nombre d’emplois publics pour 100 habitants) est “globalement plus élevé dans les zones d’emploi les plus peuplées”, explique France Stratégie. Il varie ainsi de 7 dans les zones rurales à près de 10 dans les grandes métropoles. 

Mais la distinction entre emploi local et non local “fait apparaître deux phénomènes contrastés”.

En matière d’emplois non locaux, les taux d’administration sont “plus élevés”dans les métropoles, les préfectures ou les bases militaires. “En revanche”, la répartition des emplois locaux, “qu’ils soient de l’État, des collectivités territoriales ou hospitaliers”, apparaît “plus homogène, une fois rapportés au nombre d’habitants, sans désavantage marqué pour les zones les moins denses”, explique l’organisme gouvernemental. 

Et d’ajouter que les zones dynamiques démographiquement sont “même relativement moins bien dotées en emplois éducatifs ou hospitaliers, ces secteurs ne s’ajustant aux évolutions démographiques qu’avec une certaine inertie”. 

Dans les faits, les écarts de taux d’administration entre régions s’expliquent “avant tout” par l’importance de l’emploi public non local. Compte tenu de la concentration des services centraux des ministères, l’Île-de-France bénéficie ainsi d’un nombre très élevé d’emplois nationaux, ce qui explique son fort taux d’administration, à savoir 10 emplois publics pour 100 habitants. Le plus haut de France. 

Ré-allocation des emplois à poursuivre 

Une réflexion “d’ensemble” sur la localisation des emplois publics “apparaît aujourd’hui légitime”, affirme France Stratégie. Le moyen pour le think tank de soutenir la décision gouvernementale de délocaliser quelque 4 000 fonctionnaires parisiens en province. “Les leviers les plus évidents en matière d’aménagement du territoire se situent du côté des emplois de l’État, notamment non locaux, concentrés aujourd’hui dans les plus grandes agglomérations”, confirme-t-il. 

Pour autant, selon France Stratégie, une politique de réallocation “ne saurait se limiter à puiser dans le vivier francilien, mais [doit] concerner l’ensemble des grandes métropoles fortement dotées en emploi public non local et en emploi public en général”

Au-delà du transfert “en bloc” de certains services annoncés par le gouvernement, “cette réallocation pourrait se poursuivre au fil des départs à la retraite prévisibles dans les années à venir”, explique l’organisme. Ainsi, 30 % des emplois de services non locaux de l’État et des opérateurs nationaux étaient occupés à la fin 2015 par des agents âgés de 52 ans ou plus, “qui devraient donc cesser leur activité dans la décennie à venir”, est-il indiqué dans sa note. 
 

 Acteurs publics : Article publié le Vendredi 28 juin 2019 & BASTIEN SCORDIA 

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