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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

ATSEM

28 Avril 2020 , Rédigé par FO Services Publics 51

Les Atsem, entre difficultés pendant le confinement et crainte pour la reprise

 

"Un nombre croissant d’employeurs profitent d’une certaine ambiguïté des circulaires ministérielles" pour avoir des exigences démesurées vis-à-vis des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), a dénoncé le Snuter-FSU le 20 avril. Avec le collectif Atsem National, ils pointent les inquiétudes quant aux conditions sanitaires de la reprise.

Les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) éprouvent des difficultés dans l’exercice de leur métier pendant le confinement. Du fait de la suspension de l’accueil des élèves dans les écoles, elles - plus de 99 % des 52.000 Atsem sont des femmes - ne peuvent logiquement plus remplir leur mission d’aide pédagogique et technique. Depuis le 16 mars, les Atsem sont en général en autorisation spéciale d’absence ou participent à l’accueil des enfants des personnels soignants.

"Des employeurs peu soucieux des textes"

Selon un communiqué du Snuter-FSU du 20 avril 2020, "un nombre croissant d’employeurs [les mairies], peu soucieux des textes, profitent d’une certaine ambiguïté des circulaires ministérielles". Le syndicat explique que des mairies "annoncent à des collègues qu’elles devront récupérer toutes les heures non faites jusqu’à hauteur de 1.607 heures et venir tout ou partie de l’été travailler au centre de loisirs sans hébergement". "Des Atsem se voient menacées de retrait de leur régime indemnitaire", rapporte encore le syndicat avant d'expliquer : pendant le confinement, le travail de certaines Atsem est "parfois inférieur à la durée de la journée de travail prévu par la collectivité en présence des élèves".
Or, "la FSU s’oppose à ce que le temps de travail des Atsem ne soit pas considéré, quelle que soit la situation de celles-ci, comme un temps ne couvrant pas la totalité de leur obligation journalière définie par la collectivité avant le confinement généralisé", répond le syndicat.
Une situation que critique également Isabelle Dubois, fondatrice du collectif Atsem National, interrogée par l’AEF, qui revendique 3.000 membres. D’autant que, selon elle et le Snuter-FSU, des Atsem "se retrouvent à effectuer des tâches éloignées de leur fonction, comme le nettoyage de bâtiments municipaux, l’entretien des espaces verts, etc."

"La rentrée paraît impossible en maternelle"

Pour ces personnels, la réouverture des écoles à partir du 11 mai (lire notre article du 21 avril) est source d'inquiétude. Pour le Snuter-FSU, "sans aucune garantie sérieuse de dépistages massifs, de livraisons en quantité de masques de qualité, mais aussi de produits désinfectants, de gants, [la reprise] fait peser de lourdes menaces sur l’ensemble des personnels concernés. Les Atsem qui sont en contact direct et de proximité avec de petits enfants sont particulièrement exposées".
La possibilité, évoquée par Édouard Philippe et Jean-Michel Blanquer (voir notre 
article de ce jour), que les élèves soient en demi-groupe, n’est pas non plus sans poser de problème : "Comment feront les personnels scolaires qui ont des enfants pour assurer un temps complet alors que leurs propres enfants ne seront pas accueillis toute la journée ?", demande Isabelle Dubois. Ainsi, selon elle, la "rentrée paraît impossible en maternelle. Et c’est aussi très stressant de savoir que nous n’aurons une réponse que dans une ou deux semaines".

Une rotation des équipes suggérée par l'AMF

De son côté, l’Association des maires de France (AMF), dans sa note de "préparation au déconfinement" publiée le 21 avril (voir notre article de ce jour) évoque à plusieurs reprises la situation des Atsem. "Sur le temps scolaire, les conditions d’intervention [...] devront être précisées." "Il faudra porter une attention particulière pour le retour à l’école des enfants en situation de handicap, qui ont besoin d’une proximité très forte du personnel (AESH, enseignant, Atsem, animateur)." L’AMF suggère par ailleurs qu'un retour aux écoles "sans présence simultanée des équipes, pour réduire les risques de propagation du virus, pourra être étudié". "Des réunions entre les enseignants, Atsem, animateurs, personnel de restauration…seront indispensables la semaine précédant la réouverture des écoles", préconise l’AMF, qui estime qu’il "serait utile de recommander le lancement d’un rapide sondage avec réponse engageante des parents afin d’identifier les besoins : déjeuner, horaires nécessaires avant et après l’école".

LOCALTIS : Article publié le mardi 21 avril 2020 & Virginie Fauvel

 

 

 

Les préconisations de l’Association des maires de France pour sortir du confinement

 

L'AMF a publié ce 21 avril "une contribution à la préparation du déconfinement". De la réouverture des écoles et des crèches au bon fonctionnement des communes en passant par l'action à mener pour la reprise économique et l'organisation des déplacements, l'association d'élus formule tant des préconisations pratiques qu'elle appelle l'Etat à intégrer les collectivités dans les décisions de sortie de crise.

Envoyée par l’AMF à Jean Castex, maires de Prades et haut-fonctionnaire missionné par le gouvernement pour préparer le déconfinement annoncé par Emmanuel Macron pour le 11 mai, la contribution de l’AMF à la préparation du déconfinement est composée de neuf parties:

  1. Accompagner et garantir la sécurité sanitaire
  2. Réussir la réouverture des écoles et des crèches
  3. Ouvrir certains services et espaces publics
  4. Faire fonctionner les institutions communales et intercommunales
  5. Adapter la gestion des personnels
  6. Agir pour la reprise économique
  7. Organiser les déplacements et la mobilité
  8. Décider maintenant du calendrier culturel et sportif
  9. Prendre en compte les particularités des territoires ruraux

L’association d’élus plaide pour réunir « trois conditions préalables » au déconfinement :

  • « le dispositif doit être cadré nationalement mais adaptable jusqu’à l’échelon le plus local ;
  • les mesures doivent être territorialisées et progressives car la situation n’est pas la même sur tout le territoire ;
  • le temps de la décision ne doit pas amputer celui de la préparation de la mise en oeuvre, il est donc indispensable que les maires soient tenus informés le plus en amont possible des décisions prises afin de leur permettre de les traduire rapidement et de manière adaptée au niveau local. »

LE COURRIER DES MAIRES :

aRTICLE PUBLIE LE MARDI 21 AVRIL 2020 & aurelien helias

 

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