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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

MANAGEMENT

22 Novembre 2025 , Rédigé par FO Services Publics 51

 

Fonction publique territoriale : des agents engagés mais épuisés

Épuisement professionnel, surcharge de travail, manque de reconnaissance : une étude menée auprès de plus de 6 000 agents territoriaux dresse un tableau préoccupant de la santé mentale dans la fonction publique territoriale. Si 42 % des agents se disent régulièrement épuisés et près de la moitié estiment avoir une charge de travail trop élevée, l’attachement aux missions de service public reste très fort. Un constat qui interroge sur l’urgence d’agir pour préserver l’engagement des agents publics et l’attractivité de ses métiers.

Si la santé mentale a été érigée comme grande cause nationale en 2025 et a fait l’objet du traditionnel dossier spécial du Rapport annuel sur l’état de la fonction publique, sa prise en compte reste insuffisante, notamment dans la territoriale.

C’est, du moins, ce que nous apprennent les résultats d’une étude publiée aujourd’hui, 13 novembre, et réalisée par la Mutuelle nationale des fonctionnaires des collectivités territoriale (MNFCT), Moodwork et Idealco sur un panel de plus de 6 000 agents. “Nos chiffres montrent néanmoins une stabilité de la santé mentale des agents malgré une actualité 2025 mouvementée dans le secteur public”, décrypte Clément Poirier, chercheur en psychologie sociale et coauteur de l’étude.

Ils font pourtant état de signaux forts en matière d’épuisement, de charge de travail, mais aussi d’irritation. 42 % des agents interrogés disent se sentir régulièrement épuisés par leur travail, 46 % estiment avoir une charge de travail trop élevée, un chiffre qui monte à 49 % chez les femmes, à 52 % chez les catégories A et même à 55 % chez les managers.

Ce sentiment d’épuisement lié au travail concerne principalement les 30 - 60 ans avec près de la moitié des agents qui disent le ressentir. Aussi, 42 % du panel estime être régulièrement irrité en raison de leur activité professionnelle. “ Trois indicateurs qui traduisent une pression chronique qui affecte le bien‑être émotionnel, les relations interpersonnelles et la capacité de projection à long terme, détaillent les auteurs de l’étude. Ils dressent un portrait d’une fonction publique territoriale dont l’épuisement concourt au manque d’attractivité. ”

L’étude dresse un autre constat, celui d’une charge mentale qui déborde toujours et qui est plus importante que dans le privé. 65 % des agents territoriaux interrogés pensent à leur travail le soir et le week‑end, et 75 % des personnels encadrants. 39 % déclarent travailler en dehors des horaires attendus, chaque semaine. Un chiffre en hausse de 3 points par rapport à l’année dernière. Cette donnée atteint 56 % chez les encadrants et 47 % chez les agents de catégorie A.

“ Étonnamment, les chiffres observés dans le secteur privé seraient en deçà de ceux que nous avons pu observer, poursuit Clément Poirier. Bien qu’il existe des écarts méthodologiques et d’échantillonnages entre les différents baromètres existant ne permettant pas d’avoir une comparaison assurée. Les agents de la FPT pourraient avoir une charge mentale et un équilibre vie pro‑vie privée plus délicat que dans d’autres types d’organisations et notamment dans le privé. ”

Un autre constat revient : le déficit massif de reconnaissance et de soutien. 43 % des agents territoriaux disent ne recevoir que rarement de la reconnaissance de la part de leurs supérieurs. La moitié des répondants déclarent rarement recevoir le soutien de leur hiérarchie, un chiffre qui atteint 63 % chez les catégories C et 56 % chez les plus de 60 ans.

Une charge mentale plus élevée que dans le privé

Pour autant, la solidarité entre agents persiste, avec 55 % des personnes interrogées qui estiment recevoir un soutien régulier de la part de leurs collègues.

À noter également, des risques pour la santé mentale qui sont reconnus, mais qui restent globalement peu pris en charge. 34 % des agents ressentent un risque pour leur santé mentale au travail plus d’une fois par semaine. Et cela concerne 37 % des agents de catégories C. 56 % vont même jusqu’à dire que leur collectivité ne se soucie par de leur bien‑être. Près de la moitié déclarent n’avoir jamais été sensibilisés aux risques psycho‑sociaux (RPS) dans leur collectivité et seuls 31 % ont déjà suivi une formation aux RPS. Une situation qui n’évolue pas depuis l’année dernière.

Malgré tout, l’attachement aux missions reste fort, de même que la capacité de résilience des agents publics territoriaux. 75 % estiment donner du sens à leur travail. “Cette présence d’un sens élevé pour une grande partie indique que malgré des conditions pouvant être délétères, les agents ont à cœur de proposer les meilleurs services pour leurs usagers”, ajoute Clément Poirier.

Aussi, 85 % jugent que leur travail est important, 83 % utile à la société et 64 % stimulant. 57 % des agents territoriaux disent également avoir des marges de manœuvre et 64 % la possibilité de développer leurs compétences.

ACTEURS PUBLICS : Article publié le jeudi 13 novembre 2025 & Marie MALATERRE

 

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