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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

RESSOURCES HUMAINES

26 Février 2026 , Rédigé par FO Services Publics 51

Avec des positions conservatrices, Force Ouvrière se fait une place dans la magistrature et bouscule les deux leaders

À l’issue des élections professionnelles, le syndicat Unité‑Magistrats FO a obtenu, pour la première fois, un siège à la commission d’avancement de la magistrature. Une percée historique pour l’organisation pilotée par la médiatique Béatrice Brugère, au milieu des deux grands syndicats de magistrats.

“Une victoire historique  !” Le titre du communiqué diffusé par Unité‑Magistrats (UM)-FO est à la hauteur des résultats obtenus par le syndicat lors des élections professionnelles relatives à la nouvelle commission d’avancement des magistrats (CAV), qui ont livré leur verdict le 13 février dernier. Historiquement très minoritaire, l’organisation marquée à droite a, pour la première fois, obtenu l’un des six sièges mis en jeu, en regroupant 12,5 % des voix d’un scrutin dont la participation s’est élevée à près de 63 % – un score dans la moyenne habituelle.

Si UM‑FO a pu réaliser cette percée, et a vu son nombre d’électeurs augmenter de 60 % par rapport à 2022, c’est en grande partie grâce au nouveau mode de scrutin, acté en 2023, en même temps que la nouvelle CAV de la magistrature, principalement chargée d’arrêter le tableau d’avancement des magistrats de l’ordre judiciaire et d’émettre un avis sur leur évaluation professionnelle.

Le vote s’effectue en effet désormais en un seul tour, avec des listes de candidats nationales, permettant ainsi “de simplifier le vote et de favoriser le pluralisme syndical”, indique le ministère de la Justice. UM‑FO espérait donc pouvoir s’emparer d’un des maroquins réservés, jusqu’ici, aux deux mastodontes du métier, ayant chacun obtenu 3 % en moins qu’en 2022 : l’Union syndicale des magistrats, qui a reçu 61 % des votes et 4 sièges, et, dans une moindre mesure, le Syndicat de la magistrature (SM), d’obédience de gauche, recueillant, pour sa part, un seul siège, issu de son score de 25 %. Le quatrième syndicat qui tentait d’entrer à la commission d’avancement, CFDT‑Magistrats, n’y est pas parvenu, avec un score inférieur à 2 %.

Dix années de lobbying intense

L’entrée d’UM‑FO au sein de la commission d’avancement fait office de récompense pour sa très médiatique secrétaire générale, la magistrate Béatrice Brugère, en fonctions depuis près de douze ans. Dans un message vidéo diffusé fin janvier, elle avait donné le ton, appelant les magistrats à “briser le monopole des syndicats aux positions convergentes” et à “en finir une fois pour toutes avec l’entre‑soi”.

Souvent accusée par les acteurs de la magistrature de tenir des positions très conservatrices, Béatrice Brugère a surtout la particularité d’avoir soutenu, contrairement à la majorité de la profession, l’essentiel des réformes portées ces dernières années par les différents ministres de la Justice – jusqu’aux plus polémiques – tout en ayant son rond de serviette dans les cercles politiques, à droite, mais aussi, chez certains, à gauche. C’est ainsi elle qui a réussi, grâce à son lobbying auprès d’Éric Dupond‑Moretti, à obtenir la modification du mode de scrutin à la CAV, en 2023, après la baisse du seuil de représentativité syndicale, 7 ans plus tôt.

En attendant les élections au Conseil supérieur de la magistrature et aux comités sociaux d’administration de la place Vendôme, qui se tiendront à l’automne, le coup d’envoi des élections professionnelles à la Justice a donc déjà rebattu une partie des cartes des empoignades syndicales des quatre prochaines années. Cela, à un an d’une élection présidentielle à l’issue plus incertaine que jamais.

ACTEURS PUBLICS : Article publié le lundi 16 février 2026 & Paul IDCZAK

 

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