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Syndicat Force Ouvrière des Services Publics de la Marne

DIALOGUE SOCIAL

3 Avril 2026 , Rédigé par FO Services Publics 51

DIALOGUE SOCIAL

Revue stratégique de la fonction publique : les syndicats exigent un bilan de la loi de 2019 avant d'aller plus loin

La revue stratégique de la fonction publique, lancée par la DRH de l'État, a tenu sa première réunion syndicale hier, 18 mars. CGT, Force ouvrière et Solidaires ont boycotté la séance, dénonçant un exercice rhétorique dissimulant une remise en cause du statut. Parmi les organisations présentes, si personne ne conteste l'utilité de se projeter dans l'avenir, toutes exigent un bilan préalable et objectivé de la loi de transformation de 2019 comme point de départ des échanges.

 

Présentée à la presse la semaine dernière par la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), la revue stratégique de la fonction publique a fait l’objet d’une première réunion du collège des organisations syndicales, hier 18 mars.

Une première rencontre qui s’est faite en l’absence de trois d’entre elles, à savoir la CGT, Force ouvrière et Solidaires Fonction publique. Cette dernière indiquant notamment que “la commémoration du 80ᵉ anniversaire du statut de fonctionnaire est un prétexte commandé.” Et aussi que “le dossier de presse communiqué aux journalistes est tourné essentiellement autour d’un dispositif rhétorique qui détaille clairement la ligne directrice promue par la DGAFP. Il s’agit ainsi de se demander s’il faudra encore des fonctionnaires sous statut pour assurer les missions de services publics”, s’indigne Solidaires. “Ou bien à mots couverts si les fonctionnaires sont suffisamment loyaux au pouvoir politique”, poursuit l’organisation.

Lors de la présentation aux journalistes, la direction a effectivement assumé de poser des questions ouvertes et d’une manière qui peut paraître frontale afin de véritablement revenir sur les fondamentaux. Pour autant, elle a procédé à quelques ajustements sur la formulation des questions qu’elle a présentées aux syndicats en en édulcorant certaines, notamment sur l’articulation entre le statut et le contrat, à travers des énoncés moins provocants.

Si l’absence des trois organisations syndicales à la première réunion ne présage en rien de leur participation à venir, cela n’envoie pas nécessairement un bon signal autour de travaux qui se veulent à la fois collectifs et collégiaux.

Du côté des présents à cette première réunion, les impressions restent partagées. Même s’ils ne remettent pas en cause l’intérêt de l’exercice ni la nécessité pour la fonction publique de se projeter au vu des difficultés qu’elle rencontre aujourd’hui, et notamment sur le front de l’attractivité.

Circonscrire les problématiques prioritaires

“C’est une bonne initiative et il appartient d’ailleurs à la DGAFP de projeter la fonction publique vers l’avenir, seulement il faut le faire en toute transparence, estime Laure Revel, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques. Si on s’engage dans des travaux communs, il faut que tout le monde puisse s’appuyer sur les mêmes documents.”

Tous s’accordent également à dire que ce chantier ne peut être engagé sans un bilan complet et objectivé de la loi de transformation de la fonction publique du 6 août 2019. “Cet exercice n’aurait aucun sens s’il ne s’appuyait pas sur un bilan contradictoire des effets qu’a eu le texte en matière de dialogue social, sur la concurrence entre le contrat et le statut ou encore sur les questions de négociation collective”, abonde Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU.

Si des désaccords naîtront sans aucun doute de cet état des lieux, les organisations syndicales, qui exigent des données tangibles sur les effets de la loi, estiment qu’ils seront fondateurs dans le cadre de cette revue stratégique et feront véritablement avancer les choses. “Il ne faut pas oublier que la loi de 2019 reste un sujet conflictuel qui n’est pas réglé”, poursuit Caroline Chevé.

Un premier travail qui permettrait également de circonscrire les problématiques prioritaires sur lesquelles échanger. Un point de vue qui semble avoir été entendu par le directeur général de l’administration et de la fonction publique, Boris Melmoux-Eude, qui a proposé une réunion supplémentaire afin de problématiser collectivement les questions prioritaires.

Autre doléance de la part des organisations syndicales, celle de ne pas isoler les collèges les uns des autres, ce qui fait que le collège des organisations syndicales ne travaillera pas avec celui des employeurs. “Il y a l’État employeur, mais il y a aussi d’autres employeurs, poursuit Caroline Chevé. Il ne faut pas que les collèges restent étanches les uns aux autres. Il nous semble nécessaire de susciter un débat contradictoire avec les employeurs.”

Autant de considérations qui ne doivent pas servir de dérivatif aux autres chantiers, et notamment celui de l’attractivité, des carrières et des rémunérations. “Il ne faudrait pas que cette revue stratégique occupe le terrain pour oublier de faire avancer les urgences et éloigne le débat des priorités quotidiennes des agents”, estime de son côté Pascal Kessler, président de la FA-FP.

ACTEURS PUBLICS : Article publié le jeudi 19 mars 2026 & Marie MALATERRE

 

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